Langues officielles à Air Canada: Rovinescu fait part de sa frustration

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«Notre proposition est que tous les transporteurs privés devraient aussi avoir l'obligation d'offrir des services bilingues», a plaidé le président et chef de la direction d'Air Canada, Colin Rovinescu.

La Presse Canadienne

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Paul Gaboury
Le Droit

Malgré sa frustration, le président et chef de la direction d'Air Canada, Colin Rovinescu, a eu du mal à convaincre les députés fédéraux que tout va pour le mieux au chapitre des langues officielles au sein du transport aérien.

Pendant les échanges qui ont duré près d'une heure, le ton a souvent monté au comité des langues officielles de la Chambre des communes, mercredi après-midi. D'entrée de jeu, M. Rovinescu a fait part de sa « frustration » face aux conclusions du rapport spécial du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, déposé au Parlement la semaine dernière. 

« Si vous pensez que je suis frustré, oui je le suis », a-t-il lancé, soulignant que le rapport était décourageant pour les employés fiers des efforts faits au fil des ans pour améliorer les services bilingues.

Le dirigeant a indiqué qu'il rejetait les principales recommandations du commissaire Fraser, mettant en doute sa capacité à comprendre la réalité de l'industrie aérienne. 

« Vous discutez de l'aide médicale à mourir. Alors, les temps changent », a déclaré M. Rovinescu, invitant les membres du comité à ne pas tenir compte des recommandations du commissaire aux langues officielles, mais plutôt celle d'Air Canada.

« Notre proposition est que tous les transporteurs privés devraient aussi avoir l'obligation d'offrir des services bilingues », a-t-il plaidé. Il a du même souffle proposé la création d'un groupe de travail, qui étudierait les questions linguistiques pour toutes les compagnies aériennes privées.

« Un verre d'eau » 

La députée conservatrice Sylvie Boucher a rappelé qu'il y a à peine trois semaines, pas un seul employé d'Air Canada ne parlait français sur un vol entre Montréal et Vancouver.

« Mon collègue a demandé un verre d'eau et il s'est fait répondre : 'I don't speak french'. C'est inacceptable », a raconté Mme Boucher.

M. Rovinescu a répondu qu'il avait dû y avoir un problème. Il a rappelé aux députés qu'il ne fallait pas confondre des « anecdotes » avec « des faits », soutenant à plusieurs reprises que 7000 des 28 000 employés de l'entreprise sont bilingues, soit la moitié de tous les employés offrant des services en première ligne. 

Il a aussi souligné que le taux de satisfaction de la clientèle était de plus de 94 % pour les services dans les deux langues et que les 52 plaintes au commissaire ne représentaient qu'une infime portion des 200 millions de contacts entre les employés et les clients.

La députée Boucher lui a rappelé qu'Air Canada n'était pas une entreprise privée comme une autre, puisqu'elle avait accepté, lors de sa privatisation en 1988, d'être assujettie à la Loi sur les langues officielles.

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