Victimes québécoises du Règlement 17: des excuses demandées à Couillard

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Le 22 février dernier, la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, présentait des excuses officielles à la communauté franco-ontarienne pour le Règlement 17.

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Le 22 février dernier, la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, présentait des excuses officielles à la communauté franco-ontarienne pour le Règlement 17, en vigueur dans sa province de 1912 à 1927. Certains demandent maintenant à son homologue québécois de faire de même.

Pourquoi le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, devrait présenter des excuses pour une loi ontarienne? C'est que les écoles du Pontiac - même si elles sont situées en territoire québécois - étaient gérées par le diocèse de Pembroke à l'époque, et donc assujetties à ce règlement qui interdisait l'enseignement en français.

Une lettre adressée à M. Couillard et signée 13 résidents francophones du Pontiac a été déposée au bureau du député André Fortin, affirme la porte-parole du groupe, Lise Séguin. 

«Les excuses de Mme Wynne le 22 février ont été la bougie d'allumage de la mèche qui s'éteignait tranquillement, explique Mme Séguin. On travaille depuis le mois de mai 2015 là-dessus. C'est tout simplement un groupe consultatif.»

Le groupe recommande notamment au premier ministre Couillard de consulter l'ouvrage Les sacrifiés de la bonne entente, rédigé par Luc Bouvier, un professeur du Cégep de l'Outaouais. Cette recherche résume le traitement réservé aux francophones dans le Pontiac depuis le début du 20e siècle.

Lise Séguin souligne que le livre de M. Bouvier fait état d'inspecteurs du département de l'Instruction publique du Québec qui dénoncent la situation après des visites dans le Pontiac. Ces démarches n'allaient jamais bien loin puisque le Pontiac était un comté protégé, selon la Constitution de 1867.

«Le député, par la loi, était anglophone. Si on se fiait au député pour rapporter au gouvernement ce qui se passait ici, on n'avait pas beaucoup de chance, parce que ces députés-là n'avaient aucun intérêt à défendre les francophones.»

De son côté, le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, croit que l'application du Règlement 17 a atteint son objectif d'assimilation dans le Pontiac et que les effets de cette loi se font encore sentir dans ce secteur.

«Les paroisses du Pontiac vivent encore sous l'égide de l'archidiocèse de Pembroke [...] C'est une attitude partitionniste qui n'a plus sa place. On demande à l'église de remédier à la situation.»

Avec des excuses officielles du gouvernement québécois, ce groupe de Pontissois espère obtenir l'aide de Québec afin de corriger la situation dénoncée par M. Perreault. Ils demandent également du financement pour la construction d'une route qui relierait le Pontiac à la municipalité de Rapides-des-Joachims, dont certains résidents doivent passer par l'Ontario afin de rejoindre le reste du Québec en voiture.

Lise Séguin se dit confiante de réussir à faire parvenir cette lettre au premier ministre et croit qu'elle obtiendra une oreille attentive du député du Pontiac, André Fortin.

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