L'année 2015 et les langues officielles

Le drapeau franco-ontarien... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le drapeau franco-ontarien

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

Un personnage, un lieu, un mot, un chiffre et une résolution. Bilan d'une année marquée de plusieurs grands dossiers touchant les langues officielles.

Un personnage: Louis Labrecque

Un personnage, un lieu, un mot, un chiffre et... (Courtoisie, Porter Airlines) - image 3.0

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Courtoisie, Porter Airlines

Le 1er juillet, le voyageur torontois Louis Labrecque a été «humilié» après avoir exigé d'être servi en français en demandant un jus de pomme à bord d'un vol Montréal-Toronto de la compagnie Porter.

À son arrivée à l'aéroport Billy-Bishop de Toronto, désigné bilingue en vertu de la Loi sur les langues officielles, il a été «escorté» hors de l'appareil par trois agents de sécurité qui ne parlaient pas français. La direction de l'aéroport a confirmé qu'il n'y avait pas de personnel francophone au moment où l'avion a atterri.

L'incident est venu rappeler les problèmes rencontrés par plusieurs francophones, incluant le couple Thibodeau d'Ottawa, qui souhaitent être servis dans l'une des deux langues officielles dans les aéroports et à bord des avions au Canada.

Un lieu: la Cour suprême du Canada

Un personnage, un lieu, un mot, un... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit) - image 5.0

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Plusieurs causes touchant les droits constitutionnels des francophones ont fini leur course en frappant le «mur» de la Cour suprême cette année.

Le plus haut tribunal a rejeté notamment les demandes des francophones de la Colombie-Britannique, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon visant à faire reconnaître le pouvoir des commissions ou conseils scolaires de fixer les critères d'admission aux écoles de langue française des non-«ayants droit», incluant les immigrants.

Après plus d'une décennie devant les tribunaux, la cause Caron-Boutet a aussi connu un dénouement qui a laissé un goût amer à de nombreux francophones, puisque les juges de la Cour suprême n'ont pas voulu reconnaître que l'Alberta et la Saskatchewan avaient une obligation de rédiger leurs lois dans les deux langues officielles du pays.

Un mot: oubliés

La présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.... (Martin Roy, Archives LeDroit) - image 7.0

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La présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.

Martin Roy, Archives LeDroit

Les francophones hors Québec ont été totalement «oubliés» par les organisateurs et les chefs des différents partis lors du débat en français qui a eu lieu le 24 septembre dernier.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Sylviane Lanthier, a fait une sortie en règle pour dénoncer l'absence de questions posées par les animateurs sur les questions touchant les francophones vivant partout au pays. Elle a demandé comment les chefs des partis fédéraux avaient pu faire tout un débat sans parler d'eux.

Plusieurs francophones ont d'ailleurs manifesté leur frustration sur les médias sociaux.

Les francophones ont aussi été «oubliés» par les conservateurs qui n'ont pas jugé bon de répondre aux questionnaires des organismes membres de la FCFA dans le cadre de la dernière campagne électorale.

Un chiffre: 2%

Un personnage, un lieu, un mot, un chiffre... (Ivanoh Demers, Archives La Presse) - image 9.0

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Ivanoh Demers, Archives La Presse

À peine 2% des immigrants francophones inscrits dans le nouveau portail électronique Entrée express sont francophones, une situation loin de répondre aux attentes des communautés francophones hors Québec.

Le gouvernement conservateur s'était engagé à atteindre l'objectif de 4% d'immigrants francophones d'ici 2018, et avait présenté le nouveau système pour gérer les demandes de résidence permanente comme la solution pour améliorer le nombre d'immigrants francophones hors Québec.

Le dossier a d'ailleurs fait sortir de ses gonds l'ancienne présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Marie-France Kenny, lors de sa dernière comparution devant un comité parlementaire.

Une résolution: la conformité totale et parfaite

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly... (Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse) - image 11.0

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La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly

Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

Lors du discours du Trône, le gouvernement libéral de Justin Trudeau n'a fait aucune mention des langues officielles.

Toutefois, les engagements pris à l'égard du respect de la dualité linguistique sont évoqués dans les lettres de mandat de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, et du président du Conseil du Trésor, Scott Brison. La ministre Joly devra s'assurer que «tous les services fédéraux soient dispensés en conformité totale avec la Loi sur les langues officielles». Pour sa part, le ministre Brison devra lui aussi «veiller à ce que tous les services fédéraux soient offerts «en parfaite conformité» avec cette même loi.

«Totale» ou «parfaite», on peut dire que le gouvernement n'a pas lésiné sur les mots quant à la cible qu'il souhaite atteindre.

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