Les médias francophones de l'Ontario «en péril»

Selon le président de l'AFO, Denis Vaillancourt, l'Ontario... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Selon le président de l'AFO, Denis Vaillancourt, l'Ontario et le fédéral mettent «en péril» les médias francophones ontariens, qui vivent des réclames locales et gouvernementales.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Les médias francophones de l'Ontario ne reçoivent pas leur quote-part des placements publicitaires des gouvernements ontarien et fédéral, déplore le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Denis Vaillancourt.

Selon lui, les autorités fédérales et provinciales ont réduit leur budget de publicité, mettant «en péril» les radios communautaires et les hebdomadaires francophones ontariens qui vivent des réclames locales, mais aussi des annonces gouvernementales qui se mesurent maintenant au compte-gouttes.

Il a déposé une plainte à cet égard auprès du commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, et du commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau.

Selon M. Vaillancourt, les institutions fédérales - plus précisément Travaux publics et services gouvernementaux Canada, le Conseil privé et le Conseil du Trésor - manquent à leurs obligations de veiller à l'épanouissement des communautés francophones minoritaires en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Après avoir analysé les rapports annuels sur les activités publicitaires du fédéral, l'AFO a constaté qu'il y a eu au fil des ans «une chute vertigineuse» des montants accordés aux médias communautaires francophones, en même temps qu'une montée en flèche des placements publicitaires dans les médias électroniques et les médias visant les communautés culturelles.

À la suite du scandale des commandites, les sommes investies en publicité par Ottawa ont chuté, passant de 111 millions $ en 2002-2003 à 41 millions $ en 2005-2006. Elles oscillent maintenant autour de 80 millions $ par année.

En 2004-2005, les médias de langue officielle obtenaient 4,8% des dépenses publicitaires, soit 2 076 690$, part qui tombait à 1,51% en 2013-2014, soit 1 135 669$.

De l'avis de M. Vaillancourt, il s'agit là d'une somme dérisoire qu'il faut partager entre les divers types de médias. Le français, une langue officielle, est traité comme toutes les autres langues, a-t-il déploré. Selon l'AFO, les médias visant les communautés culturelles ont obtenu 8 049 827$ de plus en placements médias et avis publics que les médias de langue officielle, au cours de la période allant de 2009-2010 à 2013-2014.

Quant au gouvernement ontarien, son programme d'appui aux radios communautaires a disparu, ce qui crée une situation d'inégalité. Les francophones de l'Ontario, qui représentent 5% de la population, devraient avoir droit à environ 5% des dépenses publicitaires de l'Ontario, a plaidé M. Vaillancourt.

«Le gouvernement de l'Ontario suit la même tendance que le fédéral: les placements publicitaires sur Internet sont favorisés et il n'existe pas de programme/fonds de soutien pour le fonctionnement des radios et journaux communautaires francophones.»

Pour remédier à la situation, l'AFO propose la création d'une source de financement stable pour les médias communautaires.

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