L'«insécurité linguistique» contribue à l'assimilation

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Dans le cadre des consultations de la FESFO, près de 300 jeunes Franco-Ontariens ont pu s'exprimer sur leur réalité linguistique, à l'école et dans leur milieu.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

L'«insécurité linguistique» liée à la manière de s'exprimer en français contribue à l'assimilation des jeunes Franco-Ontariens.

Dans le cadre de consultations menées par la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), près de 300 jeunes Franco-Ontariens ont pu s'exprimer sur leur réalité linguistique, à l'école et dans leur milieu.

Le rapport final - intitulé Pour s'exprimer dans notre langue - révèle que l'insécurité linguistique contribue à l'assimilation des jeunes Franco-Ontariens. 

«En Ontario, on parle français avec plusieurs accents et des expressions uniques. Malheureusement, les jeunes font souvent face à de la critique et des commentaires dévalorisants face à leur façon de parler», explique Jérémie Spadafora, président de la FESFO. L'organisme représente plus de 25 000 élèves fréquentant 97 écoles secondaires de langue française de l'Ontario.

Série de consultations

Les commentaires des jeunes ont été recueillis lors de quatre consultations tenues en novembre 2014 aux quatre coins de l'Ontario. 

La consultation a permis aux jeunes de s'exprimer sur leur perception de la langue française «dominante» ou «standard» parlée à l'école, et de leur insécurité linguistique, soit les perceptions négatives de la façon dont ils parlent. 

En même temps, ils ont pu mieux comprendre et reconnaître l'intimidation linguistique, soit les gestes ou commentaires menaçants, blessants ou humiliants de quelqu'un par rapport à leur façon de parler.

À Ottawa et dans l'Est ontarien, les élèves disent parler plus souvent en français dans les corridors de l'école quand il y a des enseignants présents. Dans la majorité des cas, les enseignants parlent aussi en français dans les écoles. Toutefois, certains ont déclaré que ceci n'est pas le cas dans toutes les écoles «où les enseignants parlent entre eux ou directement aux jeunes en anglais».

Dans le centre de l'Ontario, plusieurs ont admis que le français «est peu parlé par les jeunes de leur âge», et disent «avoir été victimes d'intimidation par leurs enseignants qui critiquent leur niveau de langue».

Des journées de formation dès février

À la suite de ces consultations, la FESFO offrira 17 journées de formation gratuites portant sur l'expression orale et la sécurité linguistique dans les écoles intéressées, dès février 2016, grâce à l'appui financier du ministère du Patrimoine canadien.

De plus, la fédération profitera de divers événements pour discuter avec ses membres de la sécurité linguistique et créer un espace accueillant où chacun se sent à l'aise de s'exprimer dans sa langue. 

«Lorsque les jeunes constatent la diversité des accents et des expressions dans la province et la particularité de leur propre façon de parler, ils ont tendance à en sortir avec un plus grand sentiment d'appartenance à leur langue», a expliqué le président de la FESFO.

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