Après les progrès, la vigilance

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Quand on voit le cheminement des Franco-Ontariens au niveau de la reconnaissance des droits linguistiques, «c'est phénoménal», fait remarquer le constitutionnaliste Gilles Levasseur de l'Université d'Ottawa.

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Huguette Young
Le Droit

400 ans d'histoire. 400 ans de présence. Les Franco-Ontariens ont fait des avancées importantes dans le domaine linguistique et scolaire. Or, l'avenir de la francophonie présente des signes d'inquiétude.

Tel est le constat que dressent des experts et intervenants en marge du colloque sur le 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario, qui se déroule vendredi et samedi au centre communautaire Richelieu-Vanier d'Ottawa. Quelque 18 conférenciers, dont le président et éditeur du journal LeDroit, Pierre-Paul Noreau, et le Commissaire aux services français de l'Ontario, viendront exposer le parcours des Franco-Ontariens et les défis qui se posent pour assurer la vitalité de la francophonie en Ontario.

Quand on voit le cheminement des Franco-Ontariens au niveau de la reconnaissance des droits linguistiques, «c'est phénoménal», fait remarquer le constitutionnaliste Gilles Levasseur de l'Université d'Ottawa.

Or, malgré des progrès certains, la vigilance s'impose, car sans une immigration francophone poussée, le poids démographique des francophones dans la province est appelé à diminuer.

«Il faut avoir cette population-là, on ne peut pas s'en passer, signale M. Levasseur. Autrement, l'effritement de la communauté va se faire.»

Sans une masse critique de francophones, qui représentent environ 5% de la population ontarienne, l'offre de services bilingues ira en diminuant, craint-il.

Pour contrer cette tendance, M. Levasseur estime que la province doit contrôler davantage son immigration, un levier important pour diriger les immigrants francophones vers l'Ontario.

Plus fors qu'avant

Si les francophones ont survécu dans des conditions difficiles, «on est plus forts qu'on l'était», avance l'enseignante Josée Poirier-Crête.

Elle a pour mission d'accompagner les écoles du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) pour les aider à construire une identité francophone forte face à l'assimilation et au succès d'Internet où l'anglais domine.

L'idée, c'est de donner le goût de la langue et de la culture françaises aux jeunes en leur présentant des artistes et des symboles qui deviendront des repères personnels. Pour y arriver, il faut faire vivre des réussites aux jeunes.

«C'est comme un bon repas. Il faut que ça goûte bon.»

Les francophones ont fait des gains au fil des ans: écoles francophones, la présence continue de l'Université d'Ottawa où les francophones sont toutefois en minorité, les collèges francophones, le mouvement S.O.S. Montfort, le désir de créer une université francophone.

L'un des grands défis, toutefois, 400 ans après l'arrivée de Champlain, c'est de faire du français un outil de développement de la richesse en Ontario.

«Une langue survit parce qu'elle fait de l'argent», reprend M. Levasseur.

Elle doit aussi être visible. Dans ce contexte, les panneaux électriques bilingues sur les autoroutes d'Ottawa et de Toronto, sont «une des plus belles victoires des francophones», termine M. Levasseur.

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