L'Ontario français appelé à prendre sa place

Le commissaire aux services en français de l'Ontario... (Charles-Antoine Rouyer, collaboration spéciale)

Agrandir

Le commissaire aux services en français de l'Ontario François Boileau, l'ambassadeur de la France au Canada Nicolas Chapuis et la présidente sortante de la FCFA, Marie-France Kenny, ont participé au débat sur la place de la francophonie ontarienne dans le monde.

Charles-Antoine Rouyer, collaboration spéciale

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Charles-Antoine Rouyer

Collaboration spéciale

Le Droit

Les Franco-Ontariens doivent viser l'objectif de faire de l'Ontario une province officiellement bilingue lors du 150e anniversaire de la Confédération canadienne en 2017, a suggéré l'ambassadeur de la France au Canada jeudi soir à Toronto.

Nicolas Chapuis était le conférencier d'honneur du Grand débat intitulé La place de la francophonie ontarienne à l'échelle internationale, lors de la première soirée de la 10e Assemblée de la francophonie de l'Ontario tenue à Toronto.

Ce statut de province officiellement bilingue pourrait ensuite permettre à l'Ontario à obtenir un siège à l'Organisation internationale de la francophonie, aux côtés du Québec et du Nouveau-Brunswick au sein de la délégation canadienne, a pour sa part souligné François Boileau, le commissaire aux services en français de l'Ontario et l'un des panélistes du débat.

L'économie, la francophonie internationale, l'immigration, ce Grand débat a couvert de vastes sujets. Mais l'Afrique et le numérique ressortent comme deux enjeux majeurs pour l'avenir de la francophonie, a souligné M. Chapuis.

L'Afrique devrait être le continent affichant la croissance la plus forte à l'horizon 2050, avec près de 750 millions de locuteurs français dans le monde.

«Le français est la quatrième langue d'Internet. Investissez les réseaux sociaux. Écrivez en français. Publiez des vidéos en français», a imploré M. Chapuis.

«L'éducation numérique permet de désenclaver des communautés», a ajouté l'ambassadeur de France qui a confié avoir découvert quatre francophonies au Canada. La première est le Québec, la seconde l'Acadie [...], la troisième la francophonie des minorités, en Ontario, les Franco-Manitobains, les Franco-Albertains, qui sont 400 000.»

La quatrième francophonie qui compte 450 000 personnes? Ce sont les francophones de l'immersion, dans les conseils scolaires anglophones, selon Nicolas Chapuis, précisant qu'il sera déterminant de pouvoir former les instituteurs qui enseigneront ainsi le français aux anglophones et allophones. La France pourrait apporter son aide en la matière.

L'immigration, au-delà de l'accueil

Au chapitre de l'immigration, le commissaire ontarien aux services en français, François Boileau, a rappelé que dans le Grand Toronto, un francophone sur deux était né à l'extérieur du Canada, insistant ainsi sur l'apport de l'immigration francophone dans la Ville-Reine, devenue le quatrième pôle de la francophonie ontarienne.

Mais l'Ontario est loin de son objectif de 5% d'immigrants francophones, a rappelé Marie-France Kenny, la présidente sortante de la Fédération des communautés francophones et acadiennes. «Nous sommes à moins de 2%», a précisé Mme Kenny.

En matière d'immigration, la reconnaissance des diplômes entre pays, mais aussi entre les provinces, est très importante a insisté l'ambassadeur de France, notamment pour les ingénieurs.

Bien plus que des chansons

Mais l'ambassadeur français Nicolas Chapuis n'a pas fait l'unanimité en encourageant les Franco-Ontariens à prendre exemple sur les artistes francophones au Canada qui s'exportent avec succès.

«C'est un peu réducteur de résumer l'économie franco-ontarienne aux produits culturels», a affirmé François Boileau.

«L'entreprenariat, c'est aussi vendre et exporter des idées», ajoute-t-il, citant l'exemple de collèges ontariens d'enseignement secondaire qui développent des programmes de formation en Afrique ou encore le Word Trade Centre de Winnipeg qui est officiellement bilingue et dirigé par une francophone.

«Il faudrait tout simplement se retrousser les manches», a conclu François Boileau, optimiste pour le potentiel des entreprises franco-ontariennes sur la scène internationale. «En Ontario français, on est capable de marcher et manger en même temps.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer