400 ans de présence francophone en Ontario

La crise scolaire de Sturgeon Falls

Au début des années 1970, une crise scolaire éclate à Sturgeon Falls, une... (Courtoisie)

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Hugues Théorêt

L'auteur est chercheur en histoire canadienne. Il prononce des conférences et écrit sur le sujet. Il a aussi travaillé sur des séries documentaires télévisées. En parallèle, il poursuit des études doctorales en histoire à l'Université d'Ottawa.

Le Droit

Au début des années 1970, une crise scolaire éclate à Sturgeon Falls, une municipalité qui compte 80 % de francophones.

Le Conseil scolaire de Nipissing, composé de 17 membres, dont six catholiques et seulement trois francophones, refuse d'accorder une école homogène aux francophones de Sturgeon Falls. En septembre 1971, les étudiants francophones, appuyés par leurs parents, refusent d'entrer en classe. Ils boycottent les cours et empêchent les inscriptions. Le 7 septembre, ils dressent des lignes de piquetage et tentent de bloquer l'accès de l'école aux enseignants et aux élèves anglophones. Les manifestants obtiennent de nombreux appuis, notamment de l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) et du journal Le Droit qui lancent l'« Opération anti-assimilation » et demandent aux Franco-Ontariens de la province de soutenir la lutte des francophones de Sturgeon Falls. Des appuis viennent aussi de la Société Saint-Jean Baptiste de Québec, et de La Rotonde, le journal des étudiants francophones de l'Université d'Ottawa. En décembre 1971, le rapport de la Commission Symons recommande la création d'une école secondaire homogène de langue française à Sturgeon Falls. Franco-Cité devient l'école secondaire de langue française de Sturgeon Falls. Une autre crise scolaire, cette fois à Penetanguishene, fera aussi beaucoup parler d'elle à la fin des années 1970.

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Michel Dupuis hisse le drapeau franco-ontarien devant l'Université de Sudbury le 25 septembre 1975.

Courtoisie

Le drapeau franco-ontarien

À l'initiative de Michel Dupuis et Gaétan Gervais, le drapeau franco-ontarien a été hissé pour la première fois au mât de l'Université de Sudbury le 25 septembre 1975. Le drapeau rassemble toute la communauté franco-ontarienne. Dès 1977, l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario (ACFÉO) l'adopte officiellement. En 1979, le ministère de l'Éducation de l'Ontario précise qu'il n'y a pas de règlement qui interdit l'usage du drapeau franco-ontarien dans les écoles, à condition que ce dernier flotte aux côtés des drapeaux ontariens et canadiens. Depuis sa création, le drapeau franco-ontarien est devenu l'emblème de la communauté franco-ontarienne flottant lors de fêtes, de célébrations et de manifestations. Le 21 juin 2001, le gouvernement ontarien lui confère le titre de symbole officiel de l'Ontario, au même titre que le drapeau ou le blason de la province. De nos jours, les écoles franco-ontariennes consacrent même une journée spéciale à celui-ci, « la fête du drapeau », le 25 septembre de chaque année. Il flotte d'ailleurs en format géant à plusieurs endroits dans l'Est ontarien.

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Archives, LeDroit

S.O.S. Montfort

L'hôpital Montfort est le seul centre hospitalier universitaire francophone en Ontario. Il a été fondé en 1953 grâce aux efforts acharnés de la municipalité d'Eastview et de la congrégation des Filles de la Sagesse. En 1997, le gouvernement de l'Ontario de Mike Harris menace de fermer l'établissement de santé d'Ottawa. Un important mouvement de contestation, appelé S.O.S Montfort, s'organise alors autour de Gisèle Lalonde, ancienne mairesse de Vanier. Dès 1998, le mouvement emprunte la voie des tribunaux pour défendre la survie de l'hôpital. Le 29 novembre 1999, la Cour divisionnaire de l'Ontario empêche finalement la fermeture de l'établissement en invoquant le caractère unique et distinct de l'hôpital en Ontario pour la minorité franco-ontarienne. Pour souligner cet événement historique, la rue menant à cet hôpital sera rebaptisée l'avenue du 22 mars en référence à la grande manifestation qui a eu lieu en 1997 au Centre municipal d'Ottawa, réunissant plus de 10 000 francophones et francophiles, venus de partout pour protester contre la décision du gouvernement ontarien.

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