400 ans de présence francophone en Ontario

L'affirmation identitaire

Située dans la Basse-Ville d'Ottawa, rue Murray, l'école... (Courtoisie)

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Située dans la Basse-Ville d'Ottawa, rue Murray, l'école Brébeuf est l'une des écoles françaises les plus connues en Ontario français.

Courtoisie

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Hugues Théorêt

L'auteur est chercheur en histoire canadienne. Il prononce des conférences et écrit sur le sujet. Il a aussi travaillé sur des séries documentaires télévisées. En parallèle, il poursuit des études doctorales en histoire à l'Université d'Ottawa.

Le Droit

Les francophones de l'Ontario qui, contrairement aux Québécois, ont toujours été en situation minoritaire dans leur province ont longtemps dû se battre pour défendre leur droit d'avoir une éducation en français.

La première école francophone du Haut-Canada ouvre ses portes en 1786 à Sandwich (aujourd'hui Windsor).

En 1792, l'école de Sandwich compte 12 pensionnaires et cinq ou six externes.

En 1844, le gouvernement du Canada-Uni place la direction de l'instruction publique entre les mains de Egerton Ryerson, un ministre méthodiste. Le but de Ryerson est de créer un système scolaire universel, public et gratuit calqué sur le modèle anglais.

Au début des années 1850, Ryerson doit affronter l'évêque de Toronto, Mgr de Charbonnel, sur cette question. Ce Français d'origine veut établir des écoles séparées dans le Haut-Canada pour instruire les enfants dans la foi catholique.

Egerton Ryerson, surintendant en chef de l'Éducation, se rend en 1851 à la requête de Charbonnel d'obtenir une école séparée dans chaque ville ou quartier - ce pour quoi l'évêque loue la «sincère libéralité» de Ryerson et du gouvernement.

Mgr de Charbonnel fait ensuite pression pour qu'un projet de loi soit présenté au parlement du Canada-Uni. Dans les derniers jours de la session de 1855, Étienne-Paschal Taché fait adopter la Loi sur les écoles catholiques séparées grâce à l'appui de la majorité des députés bas-canadiens (Québec).

La loi Taché de 1855 lève plusieurs obstacles administratifs à l'établissement des écoles séparées, et donne aux écoles publiques une proportion de la subvention à l'éducation. Charbonnel remercie officiellement le gouvernement de «rendre justice à son Église».

Ainsi, le Canada-Uni offre aux Canadiens français de l'Ontario un cadre politique qui leur est favorable. Dans la même optique, on espère que la Confédération canadienne de 1867 offrira des protections constitutionnelles qui garantiront aux Canadiens français leurs droits de pratiquer la religion catholique et de vivre en français dans l'Ontario qui est à forte majorité anglo-protestante.

Immigration québécoise

Dans les années qui suivent la Confédération, de 1870 à 1880, une importante vague de francophones en provenance du Québec immigre en Ontario et accélère le développement du réseau des écoles franco-ontariennes notamment dans l'Est et le Nord de l'Ontario.

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, le développement du réseau des écoles franco-ontariennes provoque des tensions. La majorité anglophone cherche à établir l'hégémonie de la langue anglaise en Ontario.

Après la création du ministère de l'Éducation de l'Ontario en 1876, le statut du français dans les écoles fréquentées par les élèves franco-ontariens est régulièrement contesté. Les Franco-Ontariens se tournent alors vers les écoles séparées afin de protéger leur langue et leur foi.

En 1885, le gouvernement de Oliver Mowat adopte une loi décrétant que l'anglais doit être la langue de communication dans toutes les écoles de l'Ontario.

L'élection en 1896 du premier ministre libéral canadien-français, Wilfrid Laurier, leur fournit une lueur d'espoir pour l'avenir. Mais ce n'est qu'à la fin des années 1940 qu'on assiste au remaniement des noms des rues, rebaptisées afin de faire ressortir le caractère canadien-français de l'Ontario.

La création de nouvelles écoles élémentaires francophones participe à ce mouvement d'affirmation identitaire. C'est à Vanier que la première école secondaire publique bilingue en Ontario, le Eastview High School, est fondée en 1949. Cette école, rebaptisée André-Laurendeau, devient également en 1969 l'une des premières écoles secondaires publiques entièrement francophone de la province.

L'école Guigues: un foyer de l'éducation des Franco-Ontariens

L'école Guigues a joué un rôle de premier plan dans le développement de la communauté franco-ontarienne d'Ottawa. Centre d'éducation des jeunes Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes pendant plus d'un siècle, l'école Guigues est l'une des écoles françaises les plus connues en Ontario français. L'école a été dirigée pendant une centaine d'années par les Frères des écoles chrétiennes, et, au tournant du XXe siècle, par les Soeurs de la Charité d'Ottawa. Située dans la Basse-Ville d'Ottawa, rue Murray, les origines de l'école remontent à 1864. Érigée par la Commission des écoles séparées catholiques d'Ottawa, elle porte d'abord le nom d'école centrale puis elle est renommée École Guigues en 1889, en l'honneur de monseigneur Joseph-Eugène-Bruno Guigues, premier évêque d'Ottawa. Au fil des années, l'école a accueilli des milliers d'élèves et plusieurs de ses finissants ont occupé d'importants rôles dans la communauté franco-ontarienne. L'école Guigues étant un symbole important pour la communauté franco-ontarienne dans sa lutte pour l'obtention de ses droits scolaires, où se sont déroulés tant d'événements clés de la lutte en faveur de l'enseignement en français en Ontario lors du règlement 17.

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