400 ans de présence francophone en Ontario

L'Est ontarien, une terre fertile

Les premiers agriculteurs franco-ontariens produisent surtout du blé... (Archives La Presse)

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Les premiers agriculteurs franco-ontariens produisent surtout du blé et de l'avoine.

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Hugues Théorêt
Le Droit

L'établissement des francophones dans l'Est ontarien s'est effectué surtout durant la deuxième moitié du XIXe siècle.

C'est à cet endroit que viendra la première vague d'émigrants québécois qui s'installent en masse dans les comtés de Prescott et de Russell. Ils s'adonnent à deux activités principales, à savoir la coupe de bois et l'agriculture.

La première scierie d'Hawkesbury est installée en 1805 par Thomas Mears. Il y fonde également une meunerie. C'est aussi lui qui, par la suite, exploite le potentiel hydraulique de la rivière. En 1822, la Hawkesbury Mills a 22 scieries en opération. En 1836, on y coupe 300000 madriers par année. En 1895, la Hamilton and Low coupe 227000m de bois par jour et emploie 950 ouvriers.

En 1844, Martin Casselman achète une terre de mille âcres sur laquelle il fonde une scierie. Il distribue des terres à ses quarante employés qui formeront le premier noyau du futur village. En 1888, on entreprend la construction de la première église catholique de Casselman. Le village a connu trois grands incendies, en 1891, 1897 et en 1919. Celui de 1897 fut particulièrement dévastateur.

Des francophones s'installent aussi dans les comtés de Glengarry et de Stormont pour être agriculteurs ou encore ouvriers dans les manufactures de Cornwall et les scieries d'Alexandria, qui était connue au départ sous le nom de Priest's Mills, en raison du père Alexander Macdonell, qui a fondé la municipalité. En 1890, le diocèse catholique d'Alexandria est érigé. Il deviendra en 1976 le diocèse d'Alexandria-Cornwall.

Améliorer leur sort

Les Canadiens français viennent en Ontario pour améliorer leur sort.

Au Québec, il n'y a plus de terres disponibles le long du Saint-Laurent. Mais les bonnes terres disponibles sont aussi rares en Ontario.

Les Loyalistes occupent la majorité du territoire. En 1783, on avait émis des directives royales voulant qu'un chef de famille loyaliste dans le Haut-Canada reçoive 40 hectares de terre, en plus de 20 hectares supplémentaires pour chaque autre membre de sa famille.

Ainsi lorsque les Canadiens français commencent à affluer en grand nombre vers l'Ontario autour de 1860, toutes les bonnes terres sont occupées. Mais dans l'Est ontarien, les Loyalistes vont quitter leurs terres pour s'établir vers l'ouest. C'est ainsi qu'en peu de temps, les comtés de Prescott et de Russell deviendront majoritairement francophones.

Par exemple, entre 1799 et 1850, 35 des 105 octrois de terres iront à des Canadiens français, tandis qu'entre 1851 et 1870, ce sont 41 des 54 terres distribuées qui vont à des francophones dans cette région. Mais les Canadiens français ont généralement des terres plus petites. Cela s'explique en bonne partie par la tradition chez les francophones catholiques de subdiviser la terre pour doter les enfants. Les migrants francophones ont souvent peu de capital lorsqu'ils arrivent en Ontario. Ils doivent souvent se contenter d'une terre de 20 hectares en moyenne. Une fois morcelée, cela laisse peu d'espace pour assurer une grande productivité agricole. D'autant plus qu'avant 1850, l'outillage des agriculteurs et les techniques agraires sont peu développés.

Les premiers agriculteurs franco-ontariens produisent surtout du blé et de l'avoine. Ce n'est qu'après 1867 que la production laitière deviendra prioritaire, en particulier dans l'Est ontarien avec la construction de laiteries et de fromageries.

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