400 ans de présence francophone en Ontario

Dans le Moyen-Nord, le train trace la voie

Les habitantes les plus connues du Moyen-Nord de... (Archives)

Agrandir

Les habitantes les plus connues du Moyen-Nord de l'Ontario sont certainement les jumelles Dionne - Annette, Cécile, Émilie, Marie et Yvonne - qu'on voit ici en 1943, quelques semaines avant leurs neuf ans.

Archives

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Hugues Théorêt

L'auteur est chercheur en histoire canadienne. Il prononce des conférences et écrit sur le sujet. Il a aussi travaillé sur des séries documentaires télévisées. En parallèle, il poursuit des études doctorales en histoire à l'Université d'Ottawa.

Le Droit

Pendant les années 1880-1890, c'est la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique qui est le principal artisan du développement du Moyen-Nord de l'Ontario - la région de North Bay, Sudbury et Sault-Sainte-Marie.

Le Canadien Pacifique attire une vague d'immigration en provenance du Québec.

Les Canadiens français débarquent en grand nombre à North Bay, qui voit le jour en 1882, soit pour travailler pour les compagnies de chemin de fer ou pour y ouvrir leurs propres entreprises.

Les plus connues sont certainement les jumelles Dionne - Annette, Cécile, Émilie, Marie et Yvonne -, nées le 28 mai 1934 à Corbeil, près de North Bay.

Les chemins de fer font de North Bay une plaque tournante du transport des richesses naturelles du nord de l'Ontario vers le sud de la province, ou encore vers Montréal et l'Atlantique.

C'est aussi le cas de Sudbury, qui est fondée en 1883. Le village est alors la base centrale d'opérations du Canadien Pacifique dans la région. Lors de la construction du chemin de fer, d'importants gisements de minerais, en particulier de nickel, sont découverts dans le secteur. La demande pour le nickel va continuer d'augmenter au début du XXe siècle, amenant à Sudbury plusieurs centaines de travailleurs et leurs familles.

Le chemin de fer a aussi été à l'origine de la fondation de Sturgeon Falls, où l'on compte une forte communauté francophone. La région a été colonisée grâce à l'initiative de Cyrille Monette. Originaire de Longueuil, cet homme s'y est installé en 1895. Après les Monette, ce fut au tour des Guy, Gauthier, Guérin, Dambremont, Langlois, Desmarais et des Lahaie à venir s'établir dans la région. Aujourd'hui, on estime que Sturgeon Falls est peuplée à 80% de francophones.

Les francophones à la conquête du Grand Nord ontarien

Vers le milieu du XXe siècle, la colonisation du Grand Nord de l'Ontario créera deux autres régions de peuplement francophone - le Témiscamingue ontarien et la «Grande zone argileuse», qui s'étend de Timmins à Hearst. 

Le développement de cette région, en longeant la frontière québécoise, s'ouvrira au peuplement grâce à la construction de trois chemins de fer, dont le National Transcontinental Railway, qui deviendra ensuite le Canadian National Railway unissant les villes de Québec et Winnipeg. Le Canadian National Railway arrivera à Cochrane en 1908, à Kapuskasing en 1912 et à Hearst en 1913. Plus au nord, c'est la construction du chemin de fer Temiskaming and Northern Ontario, à partir de 1902, qui ouvre l'axe Mattawa-Norh-Bay-Cochrane, puis la construction du National Transcontinental, qui prolonge cet axe de développement vers l'ouest jusqu'à Winnipeg, en passant par Kapuskasing et Hearst

La construction de ces chemins de fer donnait accès aux grandes richesses naturelles minières reliant économiquement le nord et le sud de l'Ontario. 

Timmins est fondée en 1912 suite à la découverte de gisement d'or. En 1910, c'est au tour d'Elliot Lake de naître avec l'exploitation de gisements d'uranium. Dans le cas de Hearst, qui est fondée en 1913, l'économie repose principalement sur l'exploitation forestière. 

Toutes ces villes du nord de l'Ontario ont un point en commun: elles sont une destination de choix pour les familles canadienne-françaises. Le réseau ferroviaire est construit avec la sueur des immigrants et des Canadiens français. L'auteur Edmund Bradwin commente ainsi le travail de ces derniers pendant la construction du National Transcontinental: «Le journalier canadien-français est habitué aux conditions de travail sur la frontière et est un bûcheur invétéré. [...] Aucun autre groupe de journalier n'affiche la bonhomie et la joie de vivre de ces hommes [...] Les Canadiens français sont ordinairement fiables et persévérants quoiqu'ils n'aiment pas les restrictions et insistent parfois à faire les choses à leur manière.» 

Ainsi vers 1930, toutes les régions de colonisation sont ouvertes. La plupart des grandes mines sont en opération et fonctionnent à pleine capacité, comme les pulperies et les papetières. 

Reste maintenant à assurer la sauvegarde et la défense des droits des francophones en tant que minorité dans une province à majorité anglophone et protestante.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer