Champlain a tracé la voie

La première ministre ontarienne Kathleen Wynne et le... (Étienne Fortin-Gauthier, collaboration spéciale)

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La première ministre ontarienne Kathleen Wynne et le ministre québécois Jean-Marc Fournier, lors de l'événement Rendez-vous Champlain, le week-end dernier à Penetanguishene.

Étienne Fortin-Gauthier, collaboration spéciale

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Étienne Fortin-Gauthier
Le Droit

(Penetanguishene) Samuel de Champlain a mis le pied en Ontario le 1er août 1615 et il a écrit le premier chapitre de la longue histoire de la présence francophone dans la province. Le 400e anniversaire de cet événement marquant a été commémoré tout au long de la fin de semaine au sud de la baie Georgienne, à Penetanguishene, là même ou l'explorateur a débarqué dans la province il y a quatre siècles.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, était aux premières loges de ce spectacle grandiose, le plus important événement de cette année anniversaire. «Les colons francophones ont bâti les fondements de l'Ontario», a-t-elle dit en français, en marge des célébrations. «La communauté francophone de la province est la plus importante au pays à l'extérieur du Québec. Les Franco-Ontariens contribuent à notre prospérité économique et culturelle. Sans les francophones, les anglophones et les autochtones, il n'y a pas de Canada», a-t-elle dit, ajoutant qu'elle ferait tout en son possible pour protéger le fait français.

La reconstitution de l'arrivée de Champlain a mis en vedette des dizaines de comédiens en costume d'époque. Le public a pu observer de près toutes ces personnalités célèbres qui ont écrit les premiers chapitres de l'histoire franco-ontarienne, qu'il s'agisse notamment de Champlain (interprété par Daniel Marchildon de Penetanguishene), du téméraire Étienne Brûlé ou du père Joseph Le Caron. Après un premier contact avec la terre ferme, l'explorateur et sa troupe a rencontré le chef amérindien Aenon du clan de l'Ours de la Nation huronne-wendat. S'en est suivi un échange de cadeaux et un apprivoisement des cultures de l'autre à travers danse et musique.

La collaboration et la bonne entente entre les Français et la Nation huronne-wendat ont été grandement soulignées tout au long de l'événement. «Lors de l'arrivée de Champlain, il y avait une alliance égalitaire entre les Hurons-Wendat et les Français. Il est porté comme un grand découvreur par notre nation. Champlain ne pouvait cependant pas se douter du processus de dépossession et d'épidémie qui suivrait», a affirmé le chef Jean Sioui de la nation huronne-wendate lors de la cérémonie.

Désignation bilingue

Bon nombre de participants à l'événement ont souligné l'importance de cultiver la fierté du fait français en Ontario. Le rendez-vous de la fin de semaine, Rendez-vous Champlain, était d'une importance capitale, selon Denis Vaillancourt, de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario.

«Il y a des endroits qui ont été victimes d'assimilation. La région ici n'y a pas échappé. Mais il reste un bon brasier. Il y a énormément d'espoir et les commémorations actuelles peuvent inciter le groupe majoritaire à en faire plus pour les francophones. On espère dans les prochaines années que l'Ontario sera désignée province bilingue», a-t-il confié lors d'un entretien avec LeDroit.

Au sujet de la possibilité de faire de l'Ontario une province officiellement bilingue, Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones, répond que la priorité demeure avant tout l'offre de services en français de qualité. «Depuis 2003, mon objectif est d'améliorer les services en français. Si un jour le bilinguisme de la province se produit, oui, ça sera célébré. Mais l'important pour les francophones, c'est d'avoir des services. Depuis 12 ans, il y a 100 nouvelles écoles francophones. On a des réussites incroyables et on travaille aussi beaucoup sur l'offre postsecondaire», a-t-elle indiqué à ce sujet.

L'éducation est le meilleur frein à l'assimilation, selon Mme Meilleur. «Mais il y a aussi une responsabilité de la famille, des parents et de l'individu. C'est dans le milieu familial qu'on protège une langue», selon Mme Meilleur.

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