Migrants: «L'aide n'est pas demandée» à Cornwall

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La salle où avait lieu la réunion spéciale du conseil municipal de Cornwall débordait, lundi. «La communauté francophone aimerait bien sûr aider», a souligné Diane Poirier, représentante de l'Association canadienne-française de l'Ontario de Stormont, Dundas et Glengarry.

La Presse Canadienne

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Malgré ses bonnes volontés, la communauté de Cornwall n'est pas appelée à venir en aide aux migrants qui sont actuellement temporairement hébergés sur le terrain adjacent au centre NAV.

La question était sur plusieurs lèvres, lundi, lors d'une réunion spéciale du conseil municipal de Cornwall qui devait faire le point sur la situation des demandeurs d'asile d'origine haïtienne. 

Plusieurs intervenants notamment des organismes francophones était d'ailleurs de la partie sachant que bon nombre d'Haïtiens parlent français.

« La communauté francophone aimerait bien sûr aider. Il faut savoir ce qui va arriver avec les enfants qui doivent retourner à l'école », a souligné Diane Poirier représentante de l'Association canadienne-française de l'Ontario de Stormont, Dundas et Glengarry. Mme Poirier faisait partie des quelque quarante résidents venus se renseigner sur la situation. 

La conseillère Bernadette Clément avait également son lot de question pour les représentants des services d'immigration dont la majorité portait sur l'aide qui pourrait être offerte.

« Nous devons être bien informés pour que nous puissions mieux nous préparer comme communauté. Les gens veulent aider, mais nous avons besoin de plus d'information », a souligné la conseillère Bernadette Clément.

Bien que plusieurs citoyens aimeraient prêter main-forte au migrant de différentes façons, Bradley Nuttley, coordonnateur de la gestion et de la sécurité communautaire à Cornwall, précise que les migrants reçoivent déjà l'aide nécessaire. 

« L'aide n'est pas demandée à la communauté. Les gens qui veulent faire des dons sont plutôt invités à les faire auprès d'organismes d'aide à Haïti », a souligné M. Nuttley. 

Rappelons que depuis vendredi dernier, le centre NAV accueille des demandeurs d'asile en provenance du  camp de demandeurs d'asile installé à Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec. Plusieurs tentes ont été érigées temporairement à Cornwall pour recevoir en grande majorité des familles haïtiennes. Environ 300 migrants sont actuellement hébergés dans un village de tente qui a la capacité d'accueillir environ 500 personnes pour une période d'environ deux mois. Bientôt, des clôtures hautes de 12 pieds encercleront le site. 

« Il est important de savoir qu'après avoir été évalués, la majorité des demandeurs d'asile se dirigeront vers Montréal. À Cornwall, nous voulons établir un mécanisme permettant de traiter une cinquantaine de demandes quotidiennement pour qu'il y ait un roulement », a précisé Louis Dumas, directeur général pour Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. 

M. Dumas ajoute qu'une à deux semaines seraient nécessaires pour traiter les demandes à Cornwall. De fait, une vingtaine d'agents d'immigration seront sur les lieux cette semaine pour appuyer les processus de demandes. 

Alors que le centre NAV accueillait les demandeurs d'asile, le maire de Cornwall, Leslie O'Shaughnessy, lui était bombardé de questions des citoyens. 

« Il y a un peu de confusion et de la frustration parce que nous ne savions pas à qui adresser nos questions. Il n'y avait pas d'agence maîtresse mise en place. Tout est allé très vite et tout changeait rapidement. Pour aller de l'avant, il faudrait qu'il y ait une réunion publique tenue très bientôt », a affirmé le maire. 

Des citoyens irrités

Alors que plusieurs citoyens se disent enjoués d'accueillir les migrants, d'autres résidents ne partagent pas l'enthousiasme. C'est le cas de John Thomson, qui habite près du lieu d'hébergement. 

« Nous sommes vraiment mécontents dans mon voisinage. Pouvez-vous vous imaginer le bruit de 500 personnes qui arrivent ici ? C'est un endroit tranquille dans notre coin, je n'ai pas besoin de plus de bruit », a affirmé M. Thomson qui est sorti de la salle, l'air irrité. 

Environ 40 % des migrants à Cornwall sont âgés de moins de 17 ans.




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