Le coeur du village parti en fumée

Le comité de la paroisse devait se rencontrer... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Le comité de la paroisse devait se rencontrer dimanche soir pour discuter de l'avenir de l'église. Pour l'instant, rien n'est coulé dans le béton.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Un calice et deux ciboires. C'est tout ce qu'il reste de l'église qui a été dévorée par les flammes samedi, à St-Isidore.

Au milieu de l'après-midi, Yvon Besner était en train de préparer les objets liturgiques pour le service de 16h30 quand un paroissien est venu cogner à la porte pour l'avertir de la fumée qui s'échappait des corniches de l'église. Rapidement, le sacristain s'est emparé des vases sacrés et s'est dépêché de les déposer dans le garage voisin. De retour pour sauver les objets de valeur, son élan a été freiné par les pompiers, qui lui ont interdit l'accès à l'église pour des raisons de sécurité. «C'était le calice de mon frère, qui avait été ordonné en 1960», raconte avec un trémolo dans la voix celui qui a habité toute sa vie à St-Isidore. «C'est tout ce qu'on a sauvé de l'église.»

Rencontré dimanche après-midi, M. Besner était de la petite foule de nostalgiques et de curieux qui s'était formée devant les restes de l'église qui jusqu'alors tenait debout depuis 137 ans. Vingt-quatre heures après l'incendie, les décombres étaient encore fumants et dégageaient une forte odeur de brûlé. La façade tenait toujours debout, mais le clocher, le toit et une partie des murs s'étaient écroulés. «Selon moi, c'était le coeur du village. De loin, tu pouvais identifier St-Isidore par le clocher de l'église. Là, il y a vraiment quelque chose qui manque», s'est désolé Patrick Drainville, lui aussi un résident du village.

Un long combat contre le brasier

Des pompiers étaient encore postés devant la carcasse de l'église dimanche après-midi au cas où le feu se ravive. La lutte à l'incendie aura finalement duré jusqu'à quatre heures du matin. Les pompiers de La Nation ont reçu un appel des voisins la veille vers 15h40. Ils ont combattu le feu de l'intérieur, jusqu'à ce que l'endroit soit déclaré trop dangereux pour s'y aventurer. Un «méchant bon call», lance le capitaine des pompiers de La Nation Tobias Hovey - quelques minutes plus tard, le toit s'écroulait.

Au plus fort de leur opération, les pompiers de La Nation ainsi que ceux des municipalités voisines étaient une cinquantaine à tenter d'apaiser le brasier. Une partie d'entre eux a dû se détacher vers 20 h, lorsqu'un autre incendie virulent a été déclaré dans une ferme laitière. Là-bas aussi, la perte est totale. Une seule vache s'est échappée de l'étable; ses 54 consoeurs ont connu une fin tragique.

Rien n'est encore coulé dans le béton quant à l'avenir de l'église. Le comité de la paroisse devait se rencontrer dimanche soir pour se pencher sur la question. Certains passants parlaient déjà d'une potentielle reconstruction. «Monseigneur avait dit que l'esprit de Dieu va souffler là où il veut amener l'Église, affirme une paroissienne. Il y a une raison pour tout. Est-ce que c'est le début d'un renouveau pour nous?»

Rare source de réconfort, l'église a été détruite en conformité avec les rites religieux, continue la fidèle. «Notre église avait été consacrée. La seule manière de détruire les objet consacrés, c'est par le feu. Au moins, cette église n'a pas été profanée.»

Le Bureau des inspecteurs des incendies de l'Ontario enquêtera sur les causes de l'incendie lundi.

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