La Nation retire son appui aux éoliennes

Près de 200 citoyens se sont rassemblés devant...

Agrandir

Près de 200 citoyens se sont rassemblés devant l'hôtel de ville de La Nation pour démontrer leur opposition au projet de parc éolien de Saint-Isidore.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le mouvement citoyen Sauvons La Nation a remporté une première bataille dans sa guerre contre l'installation d'éoliennes à Saint-Isidore, dans l'Est ontarien.

Ils étaient près de 200 personnes rassemblées à l'hôtel de ville de La Nation, lundi, pour manifester leur opposition au projet, mais aussi pour faire pression sur les élus municipaux dans l'espoir qu'ils retirent une résolution en appui au projet.

Rappelons que le gouvernement ontarien a lancé un appel d'offres dans le cadre du programme d'approvisionnement en grands projets d'énergie renouvelable (PAGPER). Dans le cadre de cet appel d'offres, l'appui des communautés où seront implantés ces projets est un facteur important.

À la suite de la formation du mouvement contre les éoliennes, le maire de La Nation, François St-Amour, a changé son fusil d'épaule et a proposé la tenue d'un nouveau vote sur la question. À la majorité, les élus de La Nation ont choisi de se déclarer comme ville opposée à recevoir des éoliennes.

«C'est une petite bataille gagnée, on est très contents qu'ils aient adopté la résolution», affirmait la porte-parole de Sauvons La Nation, Julie Leroux, à l'issue du vote.

Malgré tout, une entente avec l'entreprise EDF Energies est toujours en vigueur en ce qui a trait aux retombées offertes à la municipalité pour l'installation d'éoliennes. M. St-Amour affirme craindre qu'une annulation de ce contrat puisse entraîner des répercussions au plan légal.

Pour Mme Leroux, il s'agit toutefois d'une étape primordiale pour que les éoliennes ne soient pas installées à Saint-Isidore. «Il faut absolument que le contrat avec EDF soit annulé [...], c'est comme se séparer en restant marié», illustre-t-elle.

Le maire de La Nation se veut toutefois rassurant à cet effet.

L'annulation de la résolution d'appui est déjà un outil important pour bloquer la construction d'éoliennes. Il affirme que le député provincial de Glengarry-Prescott-Russell, Grant Crack - absent lundi soir -, considère que cette décision des élus municipaux lui donne suffisamment d'outils pour convaincre le caucus libéral de ne pas approuver de projets éoliens à Saint-Isidore.

Malgré tout, selon la loi, la province pourrait tout de même donner le feu vert au projet.

La compagnie pointée

du doigt

Plusieurs ont bondi de leur siège lundi soir lorsque François St-Amour a annoncé qu'EDF Energies a bonifié son offre plus tôt dans la journée dans l'espoir de convaincre les conseillers de ne pas revenir sur leur décision.

«Ils ont essayé de nous avoir à bas prix et ils arrivent aujourd'hui avec une hausse», a soupiré M. St-Amour en entrevue après la réunion du conseil, visiblement irrité par la manoeuvre.

Le conseiller Marc Laflèche - qui appuie toujours le projet - estime que l'entreprise est la seule responsable de la situation.

«Je trouve qu'ils ont manqué au niveau des relations publiques pour expliquer leur projet. Les éoliennes, ce n'est pas nouveau dans la région. Je sais que les gens ont peur d'avoir peur de l'inconnu.»

François St-Amour déplore l'absence de représentants provinciaux durant le processus. Du moment où les municipalités n'ont pas de pouvoir décisionnel dans le choix d'installer ou non des éoliennes, il estime que la province devrait se charger d'expliquer le projet.

«À la réunion [d'information d'EDF], pourquoi vous n'étiez pas là? Ce n'est pas ma job d'aller défendre la décision de la province. S'ils croient dans leur projet, va là, va te mettre devant la foule.»

Une collectivité encore divisée

On pourrait croire que l'harmonie est revenue à La Nation après la décision du conseil municipal de retirer son appui au développement d'un parc éolien à Saint-Isidore. Or, le mouvement de contestation aura laissé des plaies qui devront être pansées dans la communauté.

La conseillère Marie-Noëlle Lanthier a sermonné les citoyens avant le vote, lundi soir. «J'espère que le déchirement va arrêter», a-t-elle lancé à la foule.

Mme Lanthier a pris la décision de se ranger avec la majorité dans le dossier du parc éolien de Saint-Isidore, même si elle «ne partage pas [le] niveau d'inquiétude» des opposants. «C'est une chose de brasser les politiciens, mais on ne veut pas que nos employés soient exposés à du harcèlement et de l'intimidation. [...] C'est des gens qui vont au restaurant, qui vont faire leur épicerie», a dénoncé l'élue durant la réunion du conseil.

Des employés municipaux auraient été intimidés pour avoir refusé de se prononcer, une situation qui a échappé à la porte-parole du mouvement Sauvons La Nation, Julie Leroux. «L'intimidation, je ne suis pas au courant honnêtement.»

Le maire François St-Amour s'est dit de son côté irrité que des manifestants se soient rendus devant chez lui la semaine dernière. «C'était la première fois, je n'ai pas aimé ça. Laissez ma maison toute seule. Mais je ne suis pas un gars qui garde des rancunes.»

Les opposants ont également dénoncé à plusieurs reprises le manque de transparence de l'entreprise et de la municipalité dans le processus initial qui a mené à la signature d'une entente et d'une résolution du conseil en appui au projet. M. St-Amour rejette complètement ces accusations.

«Ç'a été fait comme toute autre décision. Un manque de transparence? Ils peuvent le dire, mais la plupart du temps, la salle du conseil est vide ici», rétorque le maire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer