Éoliennes: opposition contre la «menace silencieuse»

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Notre chroniqueur rappelle que si la Régie de l'énergie a permis à Hydro-Québec d'augmenter les tarifs d'électricité, c'est en grande partie pour compenser le coût de l'énergie éolienne.

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Plusieurs projets d'énergie verte sont présentement à l'étude dans l'Est ontarien. Alors que certains voient d'un bon oeil l'arrivée d'éoliennes, susceptible de donner un nouveau souffle à l'économie, d'autres craignent pour le paysage et la vocation des terres agricoles.

Dans la municipalité de La Nation, deux projets de parc éolien sont aujourd'hui la cible d'un mouvement de protestation. L'organisme « Sauvons La Nation », un groupe formé essentiellement de citoyens, s'oppose à l'arrivée éventuelle de ces turbines géantes.

Le comité s'est réuni une première fois, la semaine dernière, et arrêté son choix sur Michel André Lavergne comme porte-parole du mouvement. Le résident de Saint-Bernardin sonne aujourd'hui l'alarme, incitant la communauté à se mobiliser contre ce qu'il décrit comme « une menace silencieuse ».

« Il y a une menace qui plane sur la municipalité, explique Michel André Lavergne, en entrevue avec LeDroit. Cette menace vient de l'extérieur, parce que ce ne sont pas les citoyens de La Nation qui ont demandé ces projets d'éoliennes. Malgré tout, si l'on se fie à ce qu'on lit dans les journaux, tout va bien. Plusieurs citoyens ne le voient pas, mais c'est criant, comme problème. C'est pour cela que l'on se nomme Sauvons la Nation. »

Le mois dernier, des séances publiques d'information ont été tenues pour les résidents des secteurs visés à St-Isidore et à Saint-Bernardin. Michel André Lavergne a vertement dénoncé le contenu de ces réunions, qu'il qualifie de « séance de lecture », mais surtout le moment choisi pour tenir des rencontres.

« Ça fait plusieurs années que les études ont débuté et ce n'est que tout dernièrement que l'on a consulté les gens, déplore M. Lavergne. Les compagnies doivent soumettre leurs offres à la province dès le 1er septembre 2015. Il nous reste deux mois pour monter une opposition. »

Selon le porte-parole du mouvement Sauvons La Nation, les projets de parc éolien vont à l'encontre la vocation agricole de la région.

« Quand tu vois venir des compagnies qui n'ont pas la vocation de l'agriculture, le portrait change. C'est n'est pas seulement le décor qui change, c'est la vocation du terrain qui est détourné. La mission centrale de la région a toujours été liée à l'agriculture », fait valoir M. Lavergne.

Il estime que la municipalité devrait redoubler d'efforts pour promouvoir et surtout protéger ses attraits récréotouristiques et agrotouristiques.

Les membres du mouvement Sauvons La Nation disent reconnaître l'objectif ultime des projets d'énergie verte, soit la réduction des gaz à effet de serre. N'empêche, disent-ils, cela ne doit pas se faire au détriment d'une autre ressource comme la terre agricole.

« On est tous unis dans l'objectif de réduire les gaz à effet de serre. On n'est pas tous unis dans la manière d'y arriver ».

Le mouvement Sauvons La Nation tiendra une réunion publique le 5 août prochain, à 19 h, au Centre communautaire Calédonia, afin de présenter les projets d'éoliennes et de fournir de l'information. Les gens seront ensuite invités a se faire entendre.

Des agriculteurs en faveur

L'érection d'éoliennes dans le paysage de l'Est ontarien ne fait pas que des mécontents. Copropriétaire de la ferme Agriber, à Saint-Isidore, Marc Bercier a déjà signé un formulaire d'appui au projet, une décision qui est avant tout d'ordre financier.

« Tout comme mes voisins, j'ai signé en faveur du projet d'abord parce qu'on nous offrait un revenu. On sait aussi que les prix des terres agricoles augmentent beaucoup ces derniers temps. Si on ajoute à ça les changements climatiques et les problèmes qu'ils peuvent causer sur les récoltes, plusieurs fermiers doivent trouver des moyens pour rentabiliser leur terre », a affirmé M. Bercier.

Il souligne en outre que les municipalités recherchent également des sources de revenus pour financer des projets d'infrastructure, et que l'arrivée de tels projets ne peut que stimuler l'économie des petits villages comme le sien. « En se promenant dans les petites communautés, on remarque qu'il n'y a pratiquement plus de magasins et plus de stations-service. On a besoin d'un élan à l'économie », a ajouté M. Bercier.

Une responsabilité de la province

De son côté, le maire de la municipalité de La Nation, François St-Amour, relance la balle à la province dans ce dossier. Il s'appuie sur la Loi sur l'énergie verte, qui empêche une municipalité d'imposer des restrictions lorsqu'il est question de technologies d'énergie renouvelable. « Je n'aime pas ce que cette loi entraîne, dit-il. Je peux parler pour la municipalité, mais je ne peux pas parler pour la province. »

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