Combat de coq à Casselman

Le maire de Casselman, Conrad Lamadeleine... (Archives, LeDroit)

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Le maire de Casselman, Conrad Lamadeleine

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Le courant ne passe pas entre l'ombudsman de l'Ontario et le maire de Casselman, blâmé deux fois pour avoir tenu des rencontres illégales à huis clos.

Dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière dans l'hebdomadaire local Le Reflet, le maire Conrad Lamadeleine accuse l'ombudsman André Marin de «semer la terreur» chez les décideurs. «Monsieur Ma­rin, vous vous pre­nez pour un Dieu, peut-on lire dans la missive. Vous dé­ci­dez ce que vous vou­lez et in­ter­pré­tez comme bon vous semble. [...] Tous (les élus) ont peur de se ren­con­trer à Cas­sel­man. Pour qui vous prenez-vous?»

Au centre de la dispute: une rencontre avec des entrepreneurs en construction, en janvier dernier, dans un restaurant du village. Aucun préavis public n'a été diffusé pour cette «table ronde», la rendant à huis clos - et donc illégale - aux yeux de la loi ontarienne.

Sauf exception, toute rencontre liée aux prises de décisions municipales doit être publique en Ontario.

L'ombudsman déplore le ton

Joint par LeDroit, l'ombudsman André Marin s'est d'abord montré surpris par le langage utilisé par le maire de Casselman.

«Cette lettre-là, je vais l'encadrer!» a-t-il blagué d'entrée de jeu, déplorant du même souffle le ton de l'échange. «À mon avis, il devrait tempérer ses propos. [...] Ce n'est pas une lutte à la corde entre lui et moi...»

M. Marin balaie du revers de la main les accusations d'étouffer le débat démocratique. «La règle de droit s'applique à tous. À vous, à moi et au maire de Casselman. [...] Si un élu n'aime pas la loi, il a deux choix: militer pour la changer ou réfléchir à d'autres options de carrière.»

Selon lui, la rencontre de janvier est un «cas type» de réunion illégale.

«Ici, c'est clair. Quatre élus sur cinq se sont rencontrés, sans préavis public, malgré l'avis d'un haut fonctionnaire. Ils ont discuté de l'industrie de la construction avec des gens du milieu. Un document a été produit. Tout est là.»

Au final, la solution est simple, dit M. Marin. «Y aurait-il eu des conséquences néfastes à inviter le public ? Non. [...] Maintenant, j'aimerais voir le conseil se lever les manches.»

Le maire persiste et signe

Mercredi, le maire Lamadeleine ne reculait pas d'un pouce.

L'élu dit s'être assuré auprès du ministère des Affaires municipales que la réunion était légale. Il affirme aussi avoir consulté son directeur général.

Visiblement excédé, il demande maintenant que l'ombudsman de l'Ontario vienne lui expliquer la marche à suivre. «J'en ai assez de me faire dire une chose et son contraire. [...] Là pour régler ça, Marin, il va falloir qu'il se déplace pour bien nous expliquer ce qui est légal ou pas.»

Selon l'élu, l'ombudsman est utilisé comme une arme politique par un opposant qu'il ne nomme pas. «C'est la meilleure façon de faire peur à un nouveau conseil», rage-t-il.

M. Marin avait aussi jugé illégale une autre rencontre tenue le 6 novembre 2014, quelques jours à peine après l'élection du maire Lamadeleine.

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