Rentrée à l'UQO: éviter les dérapages

Le recteur de l'Université du Québec en Outaouais,... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Le recteur de l'Université du Québec en Outaouais, Denis Harrisson, s'est assuré que la rentrée se fasse sans les dérapages qui ont secoué l'institution, l'an dernier.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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Décidément, la rentrée est moins mouvementée que l'an dernier à pareille date à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), qui avait fait bien malgré elle les manchettes nationales après que des étudiants aient proposé une activité d'initiation à caractère sexuel, laquelle avait été vivement condamnée.

Avec leur jeu intitulé Les 12 travaux d'Hercule, des membres de l'équipe des Jeux de la communication de l'UQO avaient semé la controverse, à tel point que plusieurs affiches dénonçant la culture du viol avaient été placardées sur les murs de l'établissement. Une liste promettant des récompenses aux participants qui relèveraient des défis dégradants, tels que «prendre une photo de seins», avait été distribuée. 

Un an plus tard, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et l'institution, souligne son recteur Denis Harrisson, a mis de l'avant une série de mesures pour prévenir de tels incidents, notamment la création du Comité consultatif pour une université sans violences sexuelles (CCUSVS), formé de 25 membres issus de la communauté universitaire et divisé en cinq groupes de travail. 

«Nous avions commencé à cheminer bien avant ces événements. Il y avait différents mécanismes prévus dans le cadre du Plan stratégique 2016-2020. Et nous tenions à adopter une mesure comme la mise sur pied du comité plutôt qu'une démarche centralisée. Nous préférons avoir une démarche inclusive et voir à quel point elle va être acceptée par l'ensemble de la communauté. Si c'est le cas, c'est alors plus facile de se la réapproprier», indique M. Harrisson. 

Plusieurs activités de sensibilisation ont été offertes au fil des derniers mois aux cadres, au personnel des Services aux étudiants ainsi qu'aux leaders étudiants, par exemple des ateliers présentés par le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de l'Outaouais. De la formation doit aussi éventuellement être offerte aux professeurs, chargés de cours et étudiants. 

«Nous voulons aussi revoir nos mesures quand des plaintes sont déposées, car on nous dit souvent que le processus est lourd», d'ajouter le recteur de l'UQO, qui juge que le projet de loi que compte déposer cet automne la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, devra inévitablement être accompagné d'un financement accru. 

Même s'il concède qu'on ne peut avoir le contrôle sur la situation à 100%, le recteur de l'établissement ne veut pas revivre des dérapages semblables à l'an passé.

«Ce sont des jeux tout à fait immatures et inacceptables à l'université. Les activités doivent se faire dans le respect des genres, des minorités sexuelles, des minorités ethniques et de la dignité des personnes. [...] Ça va être assez difficile de passer à côté de notre message cette année. Une page expliquant notre politique a été ajoutée dans tous les plans de cours et c'est également affiché un peu partout dans l'université. Je pense que nous avons fait le nécessaire, car après tout, nous nous adressons à des adultes», dit-il.

L'UQO accueille pour l'instant 7229 étudiants dans ses campus de Gatineau et Saint-Jérôme, ce qui représente un léger recul de 2% par rapport à l'an dernier. 

À la surprise de l'UQO, les demandes d'admission d'étudiants étrangers ont quant à elle bondi de près de 50% en comparaison avec 2016, mais l'institution prévient qu'il faudra voir combien de demandes se traduiront par des inscriptions concrètes, puisque l'obtention d'un visa d'étudiant est nécessaire.




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