La théorie des petits pas

Dans les premiers jours, les petits seront en... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Dans les premiers jours, les petits seront en classe seulement quelques heures, en groupes restreints, de manière à favoriser le tissage de liens entre les élèves et leur enseignant ou enseignante.

Etienne Ranger, Le Droit

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En 2017, la plupart des écoles offrent désormais une introduction progressive au milieu scolaire, un outil de plus afin d'éviter de bousculer inutilement les enfants à la maternelle.

« Il ne faut pas oublier que les enfants ont cinq ans, mentionne Marie-Christine Jean, enseignante au préscolaire de l'école du Dôme. Quand on change d'emploi, on vit toujours un petit stress de changer de milieu. C'est la même chose pour nos enfants, sauf que là, ils changent de rôle. Ils ne sont plus juste des enfants, ils deviennent des élèves. »

Dans les premiers jours, les petits seront donc en classe seulement quelques heures, en groupes restreints, de manière à favoriser le tissage de liens entre les élèves et leur enseignant ou enseignante.

Pour plusieurs établissements québécois, ce travail d'intégration commence toutefois bien avant la fin de la saison estivale. L'école du Dôme dans le secteur Hull, par exemple, a reçu les enfants et leurs parents à deux reprises, en avril et en mai. 

Pour Ariane Bernard-Piché, des visites comme celles-ci ont été bénéfiques afin de préparer l'arrivée de son fils Loan dans le milieu scolaire.

« De pouvoir lui présenter les lieux et lui en parler par la suite, ça l'a beaucoup aidé à concrétiser c'était quoi l'école », explique la maman.

Selon le directeur de l'école du Dôme, Martin Auger, la maternelle est devenue un « moment crucial » dans le parcours scolaire de tout enfant. 

De nos jours, les enfants font bien plus que jouer et apprendre à socialiser à la maternelle, ils apprennent également des bases fondamentales en lecture et en mathématiques, dit-il.

« C'est aussi devenu le premier moment où on fait du vrai dépistage. Le psychologue, l'orthophoniste, le T.E.S. et l'orthopédagogue sont impliqués. Qui dit dépistage précoce dit intervention précoce aussi » soutient M. Auger

« Le préscolaire, c'est la porte d'entrée de l'école. C'est beaucoup nous qui sommes les inspecteurs de l'école. C'est nous qui allons remarquer les différents défis de chaque enfant », ajoute Mme Jean.

Identifier rapidement les possibles lacunes d'un enfant aidera grandement à sa réussite et favorisera une relation saine de celui-ci avec l'école, ajoute Martin Auger, même s'il peut être difficile pour les parents d'apprendre qu'à un si jeune âge, leur enfant peut avoir un trouble langagier, par exemple.

« Quand les enfants entrent, ils sont tous beaux, tous propres, tous parfaits. Ils n'ont jamais été mis dans un contexte d'évaluation et de comparaison. [...] Le parent qui a vu son enfant à la garderie, que tout allait bien, qu'il était agréable à la maison, souvent, il n'est pas prêt à entendre que leur enfant a des difficultés au niveau du langage », explique le directeur de l'école du Dôme.

La maternelle, passage obligé !

«La maternelle, c'est un peu l'année où on met tout le monde à niveau. C'est sûr que les enfants en CPE arrivent avec une longueur d'avance pour ce qui est de la connaissance des règles, sauf qu'à la fin de l'année, on va avoir mis à niveau le développement de tout le monde.» - Dre Isabelle Larabie, psychologue

«Bien accueillir les élèves en maternelle pour s'assurer qu'ils se sentent bien et qu'ils développent un bon lien avec l'école, ça va avoir un impact immense sur la réussite sociale et académique de nos élèves. [...] Comme gestionnaire, dans les dossiers qu'on n'a pas le droit d'échapper, tout ce qui est intégration et dépistage au pré-scolaire, il faut que ça soit bien fait, sinon l'impact est trop grand.» - Martin Auger, directeur de l'école du Dôme

«[L'enfant] est exposé à plein de nouvelles choses à la maternelle. Quand on encourage cette curiosité naturelle à apprendre, on rend ça plus intéressant.» - Dre Isabelle Larabie, psychologue

«Le problème, la plupart du temps, c'est l'appréhension des parents. Souvent, c'est le parent qui est le plus affecté par le stress de la première rentrée scolaire. L'enfant peut le ressentir et devenir inquiet à son tour.» - Dre Isabelle Larabie, psychologue

«C'est sûr que ça peut être intéressant de préparer le terrain, discuter de ce qu'est la réalité de l'école, encourager l'enfant en lui disant que c'est une nouvelle étape, qu'il grandit. [...] Mais il ne faut pas oublier de parler des aspects un peu plus négatifs et des responsabilités qui viennent avec.»

- Dre Isabelle Larabie, psychologue




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