58 %, la nouvelle note de passage ?

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« Souvent, ça amène l'élève à décrocher parce qu'il n'arrive plus à suivre les cours », explique la présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO), Suzanne Tremblay.

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Bonifier les résultats des épreuves ministérielles pour permettre aux étudiants du Québec d'obtenir la note de passage, « c'est inacceptable », selon la présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO), Suzanne Tremblay.

D'après un récent rapport de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), près de la moitié des enseignants au niveau secondaire du Québec disent avoir déjà vu les notes qu'ils avaient accordées à leurs élèves en situation d'échec être arrondies à 60 % sans leur consentement. 

« Un élève qui a 58 %, c'est un élève qui a un retard. On ne lui rend pas service en bonifiant sa note, dénonce Mme Tremblay. Son retard va finir par le rattraper, et l'élève ne sera pas capable de continuer. »

« Souvent, ça amène l'élève à décrocher parce qu'il n'arrive plus à suivre les cours », poursuit-elle.

Et quand les résultats des épreuves ministérielles ne sont pas bonifiés à l'insu des enseignants, ces derniers se font imposer de modifier les notes eux-mêmes. C'est d'ailleurs le cas de 20 % des enseignants au Québec, qui racontent avoir déjà été dans une telle situation.

« Les profs subissent une pression qui est inadmissible, déplore la présidente. Quand un de leurs élèves échoue, on les rencontre et on leur demande "As-tu vraiment tout fait pour le faire réussir ?» Mais aucun enseignant n'est content de voir qu'un de ses élèves ne réussit pas. »

Selon elle, cette pratique remet le jugement des professeurs en cause.

« Le rôle de l'enseignant, c'est d'aider l'étudiant à cheminer, mentionne-t-elle. C'est lui qui a passé dix mois avec l'élève. Il faut faire confiance à son jugement professionnel. »

Même des étudiants aimeraient être au courant que de telles mesures existent dans le système de l'éducation. 

« Ça ne m'est jamais arrivé, mais à un de mes amis, oui. Et les professeurs ne nous avisent pas de cela ! », signale un étudiant gatinois du secondaire, Vincent Moisan.

Cible de réussite

À chaque rentrée scolaire, les enseignants reçoivent un document leur indiquant des cibles à atteindre quant à la réussite de leurs élèves.

« Il est écrit qu'un certain pourcentage d'élèves doit réussir, et ça équivaut à combien d'élèves », explique Mme Tremblay.

Selon elle, cette pression est lourde sur les épaules des enseignants.

« Le ministère met de la pression sur la commission scolaire, qui met de la pression sur la direction, qui met de la pression sur les enseignants », indique-t-elle.

« Et c'est l'enseignant qui vit le plus de pression. C'est lui qui doit atteindre les cibles, dit-elle. Tout ça juste pour avoir un bon taux de réussite. »

Mme Trembay a été étonné de constater que le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, avait paru surpris jeudi en apprenant que les résultats des épreuves ministérielles étaient modifiés à la hausse. Il n'en aurait jamais été informé.

« Le ministre fait comme s'il ne le savait pas, mais ce n'est pas vrai. On lui en parle souvent », déclare-t-elle.

Marika Bellavance, collaboration spéciale




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