Le CEPEO tranche dans le dossier Francojeunesse

La vice-présidente du CEPEO, Lucille Collard... (Etienne Ranger, Le Droit)

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La vice-présidente du CEPEO, Lucille Collard

Etienne Ranger, Le Droit

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D'un côté, le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO) croit que malheureusement, impossible de « faire des omelettes sans casser des oeufs ». De l'autre, quelques dizaines de parents mécontents qui trouvent la pilule très difficile à avaler et soupçonnent que les dés étaient pipés d'avance. La décision finale est tombée mardi soir dans le dossier de la nouvelle zone de fréquentation de l'école Francojeunesse.

À la suite d'un vote qui n'était pas unanime, les élus scolaires ont tranché en optant pour le scénario qui avait été proposé le mois dernier, lequel prévoit que 85 élèves devront dès l'année scolaire 2017-2018 faire leur entrée à l'école Centre-Nord. Il s'agit d'un édifice qu'a accepté de louer le Ottawa Catholic School Board et situé sur la rue Beech, six kilomètres plus à l'ouest que leur école actuelle. Les enfants touchés par ce redécoupage de la zone habitent sur un territoire délimité par le parlement au nord, l'autoroute 417 au sud, la rue Bank à l'est et l'avenue Bronson à l'ouest. 

Seuls deux conseillers scolaires se sont opposés à la résolution, soit John Keough et Lise Benoît-Léger, qui s'est dite très sensible aux revendications des parents insatisfaits.

« Je vote contre, car c'est ce que mon coeur me dit, mais évidemment c'est la majorité qui l'emporte, c'est le principe de la démocratie. Sachez que je considère qu'on devrait écouter un peu plus les préoccupations des parents », a-t-elle laissé tomber.

Déçus que leurs revendications n'aient pas permis de faire tourner le vent, plusieurs parents s'étaient déplacés pour dire qu'ils considéraient qu'il s'agissait d'une décision arbitraire. À leur avis, si celle-ci a été prise sur la base du résultat d'un sondage commandé par le CEPEO, qui a permis de conclure que 64% des répondants étaient très ou plutôt à l'aise avec le scénario, les élus ont utilisé l'opinion de la majorité dont les intérêts ne sont pas touchés afin d'imposer une décision à une minorité, et ce, contre son gré. 

Répliquant que la décision est la meilleure et la plus logique qui pouvait être prise dans les circonstances, la vice-présidente du CEPEO, Lucille Collard, concède toutefois qu'il s'agit de l'une des plus difficiles et controversées. Or, rappelle-t-elle, le statu quo était impossible et aurait créé autant sinon davantage de remous. 

« On s'entend, on prend des décisions qui affectent des personnes et non des biens. Et quand on touche les enfants, c'est normal qu'il y ait un degré de rationalité qui quitte les parents. On n'évalue pas de la même façon l'avenir de nos enfants de la même façon qu'on évalue l'avenir de notre voiture, alors je les comprends tout à fait, je suis moi-même mère de quatre enfants. Par contre, on se devait de prendre une décision », a-t-elle indiqué, confiante que la poussière finira par retomber. 

Les parents dont les enfants fréquentent les écoles Francojeunesse et Charlotte-Lemieux et qui seront hors secteurs l'an prochain auront la possibilité de se prévaloir d'une clause grand-père. Par contre, ils n'auront plus droit au transport scolaire, un défi «insurmontable» pour certains personnes sans voiture, juge le groupe de parents. Les demandes seront étudiées au cas par cas. 

Des discussions seront aussi entamées prochainement avec OC Transpo afin que le transporteur public modifie ses trajets dans le but de faciliter l'accès à l'école Centre-Nord. 

Jugeant que le conseil scolaire a perdu sa confiance et que le processus n'était pas des plus transparents, une mère de deux enfants, Élise Hurtubise-Loranger, croit que le scénario adopté « ne respecte pas en aucun point les critères objectifs » que le CEPEO avait lui-même établis, soit le maintien de l'intégrité des communautés, l'utilisation des lignes de démarcation naturelles et la proximité. Elle a cité en exemple le fait que la rue Bank est utilisée comme ligne de démarcation alors que cette rue est l'artère principale du quartier des familles affectées, sans compter que la nouvelle zone de fréquentation forcera les enfants à se diriger au sud de la 417, alors que les écoliers des deux quartiers épargnés, dont le Glebe, se retrouvent déjà du même côté de l'autoroute que la nouvelle école.

« Nous sommes ultimement vos clients, et les clients qui ne sont pas satisfaits vont ailleurs », a-t-elle même dit, laissant du coup la porte entrouverte pour faire un pied de nez au CEPEO en inscrivant ses enfants dans une école catholique. D'autres parents présents à la rencontre ont confié au Droit qu'ils songeaient également à cette alternative.

De son côté, le CEPEO ne craint pas d'assister à un exode important d'élèves vers les écoles catholiques, croyant que les parents qui sont avec le CEPEO depuis un certain temps reconnaissent ses qualités. 

D'autre part, Mme Collard affirme que des pourparlers vont bon train avec le ministère de l'Éducation dans le but d'éventuellement construire une nouvelle école dans le secteur, au même titre qu'à d'autres endroits à travers la capitale.

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