Système scolaire québécois: le plus inéquitable au Canada

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Le rapport constate que «la différence de performance entre les élèves des écoles défavorisées et ceux des écoles favorisées est toujours sensiblement plus importante au Québec que dans les autres provinces ou régions du Canada».

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(Québec) À l'automne, plusieurs parents magasinent l'école secondaire - ou même primaire - que fréquentera leur enfant l'an prochain. École privée, sport-études ou programme international? Le Conseil supérieur de l'éducation ne condamne pas ces parents, mais il tire la sonnette d'alarme : le système d'éducation québécois est devenu l'un des plus inéquitables au Canada.

«La concurrence entre les écoles [voire entre les élèves] et certaines dérives du système semblent alimenter un cercle vicieux qui mine la confiance de la population dans la classe ordinaire de l'école publique», écrit le Conseil dans son plus récent rapport, publié à la mi-octobre.

Le député de la CAQ Jean-François Roberge a brandi l'étude en chambre mercredi pour décrier le système québécois actuel, un héritage des 13 dernières années de gouverne libérale, selon lui. «C'est-tu assez gênant? [...] On a le pire réseau au Canada!» a-t-il lancé au ministre de l'Éducation Sébastien Proulx, qui a répliqué que sa vision des choses était bien «pessimiste».

L'étude stipule en fait que tous les petits Québécois n'ont pas la même chance de réussir : tout dépend du milieu qu'ils fréquentent. En mathématiques, en science et en français, l'écart de performance entre les écoles favorisées et les écoles défavorisées est nettement plus grand au Québec que dans les autres provinces canadiennes.

«L'école doit être un ascenseur social, une façon de se sortir de la pauvreté. Mais on a le pire ascenseur au pays», se désole M. Roberge en entrevue. Selon lui, les écoles publiques devraient arrêter de sélectionner les élèves qui entrent dans les programmes particuliers en fonction de leurs notes ou en exigeant des frais que seuls les parents mieux nantis pourront payer.

«Ces programmes qui sont une source de motivation scolaire profitent à ceux qui sont de toute façon déjà très motivés. On est très loin de l'égalité des chances», souligne M. Roberge.

Dans son rapport, le Conseil supérieur de l'éducation, un organisme de réflexion autonome qui conseille le ministre de l'Éducation, n'hésite pas à parler de «ségrégation» et d'école «à plusieurs vitesses».

Dans les grands centres, les parents se tournent en masse vers l'école privée. À Québec, par exemple, 42 % des élèves francophones au secondaire fréquentent une institution privée.

Le Conseil ne veut pas «demander aux parents de renoncer à faire des choix en fonction de ce qu'ils considèrent être le mieux pour leur enfant». Il souhaite toutefois que l'école publique devienne plus invitante pour tous.

Pas tirés vers le haut

Ce constat va dans le même sens qu'une note de recherche publiée cet automne par la Fédération des syndicats de l'enseignement du Québec (FSE), qui démontrait un grand déséquilibre dans les classes québécoises, les classes ordinaires au secondaire étant devenues des classes où les plus faibles évoluent.

L'étude démontre que les écoles qui ont le plus de succès accueillent, à la base, une clientèle d'élèves plus forts ou venant de milieux plus favorisés. Et que la concentration d'élèves qui ont de bonnes notes ensemble n'a pas vraiment d'effet sur leur réussite. Au contraire, la quasi-disparition de ces élèves des classes ordinaires a un effet sur la réussite de leurs anciens camarades.

«L'étude démontre que nos plus performants ne sont pas plus performants parce qu'ils sont dans des projets particuliers ou au privé, mais nos plus vulnérables, n'étant plus tirés vers le haut, ont encore plus de problèmes», explique Josée Scalabrini, présidente de la FSE, en entrevue au Soleil.

La FSE demande aussi à ce que le gouvernement balise les projets enrichis dans les écoles publiques, afin que tous y aient accès.

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