Recherche dans les cégeps: la religion protégerait de la radicalisation

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L'étude indique que ce sont les hommes et les jeunes de moins de 25 ans qui sont les plus susceptibles de soutenir la radicalisation violente. Sur cette photo, un jeune marche dans un corridor du collège Maisonneuve.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le rapport d'une recherche menée dans huit cégeps du Québec sur les questions de radicalisation menant à la violence conclut que la religion aurait un effet protecteur contre cette radicalisation.

La recherche, dirigée par la docteure Cécile Rousseau, pédopsychiatre et directrice scientifique du groupe Sherpa, a été présentée mardi au cours d'une conférence de presse au Collège de Rosemont, à Montréal.

La docteure Rousseau se dit consciente que sa recherche bouleverse bien des idées généralement entendues. Ainsi, elle conclut que les personnes qui se réclament d'une religion soutiennent moins la radicalisation violente que les autres.

De même, les étudiants originaires du Québec, les personnes qui ne se réclament d'aucune religion et les migrants de deuxième génération expriment un plus grand soutien à la radicalisation violente que les personnes qui se réclament d'une religion et les immigrants de première génération.

«Il y a des résultats plus dérangeants pour les représentations qu'on a habituellement du soutien à la radicalisation violente: ce sont les Québécois d'origine et les migrants de deuxième génération, de façon similaire, qui soutiennent plus la radicalisation violente que les migrants de première génération. Aussi - et là encore, on bouleverse un peu les idées reçues - les gens qui disent n'avoir aucune religion soutiennent plus la radicalisation violente que ceux qui se réclament du christianisme ou de l'islam», a résumé la docteure Rousseau.

L'étude indique également que ce sont les hommes et les jeunes de moins de 25 ans qui sont les plus susceptibles de soutenir la radicalisation violente.

«Dans l'ensemble, le soutien à la radicalisation violente reste minimal au niveau des collégiens du Québec», a pris soin de souligner la docteure Rousseau.

«On en parle beaucoup; ça ne veut pas dire que c'est un problème très grave. C'est un problème, mais ça n'est pas un problème très important et c'est important de se dire ça», a ajouté la pédopsychiatre.

L'étude a été réalisée par le centre de recherche Sherpa de l'Institut universitaire du CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux) du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal, en partenariat avec la Fédération des cégeps.

Aux fins de cette étude, les étudiants de huit cégeps - Jonquière, André-Laurendeau, Maisonneuve, Montmorency, Rosemont, Sainte-Foy, Saint-Laurent et Vanier - ont accepté de répondre au questionnaire.

Parmi ses recommandations, la docteure Rousseau propose une meilleure formation pour le personnel oeuvrant en éducation, en santé et dans les services sociaux afin de «déconstruire les mythes» entourant certaines communautés religieuses.

Elle suggère également que les jeunes qui sont devenus plus vulnérables à cause d'expériences passées de violence et présentant des symptômes dépressifs devraient pouvoir recevoir un soutien psychosocial dans le milieu scolaire ou dans leur milieu de vie.

Cégeps

Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, s'est réjoui de la présentation de ce rapport qui «ébranle les préjugés et nous permet d'aller au-delà des commentaires qu'on entend naturellement, du genre "il n'y a qu'à faire ci, à faire ça"».

«Comme les cégeps sont le reflet de notre société et qu'ils accueillent des jeunes de 17 à 24 ans, ils sont des acteurs clés pour mener des actions face à un tout nouveau phénomène social ou face à tout comportement qui est préoccupant, comme l'intimidation, l'homophobie, l'exclusion sociale ou le harcèlement sexuel, par exemple», a commenté M. Tremblay.

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