Abonnements à des périodiques: l'Ud'O prête à reconsidérer son choix

Le recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont, durant... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont, durant la rencontre du Bureau des gouverneurs, lundi soir.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La récente décision de l'Université d'Ottawa (Ud'O) de résilier prochainement les abonnements à 4700 titres en ligne ou en version imprimée a tôt fait de rebondir à la table du Bureau des gouverneurs lundi soir avec le dépôt d'une pétition comptant plus de 2800 signatures.

Le document, une initiative du professeur en biologie Jules Blais, dénonce le fait que plusieurs périodiques spécialisés jugés « nécessaires à la recherche », mais aussi des journaux tels que The Globe and Mail, LeDroit et The Ottawa Citizen, sont condamnés à disparaître des collections de la bibliothèque de l'institution, permettant ainsi d'engendrer des économies de 1,9 million $. La majorité des titres sont anglophones et proviennent des éditeurs Springer et Taylor & Francis.

C'est l'une des gouverneures de l'Ud'O, la neuroscientifique Steffany Bennett, qui a ramené le sujet sur la sellette lorsqu'elle a vivement interpellé ses collègues et n'a pas hésité à dire qu'il fallait reconsidérer cette décision qui pourrait ternir la réputation de l'établissement, assumant du même coup une partie du blâme.

«Que faisons-nous ici chers membres? Nous faisons de l'enseignement et de la recherche. On a fait une terrible erreur. Je pense que l'on se doit d'à tout de moins maintenir notre collection à la bibliothèque, je ne parle même pas de l'agrandir», a-t-elle affirmé. 

Face à la protestation et aux débats que cette décision a soulevés au fil des derniers jours, le recteur Jacques Frémont a annoncé la création imminente d'un groupe de travail chargé d'étudier la question, mais a du même souffle tenu à répéter que des compressions étaient inévitables dans les prochains mois.

«Ce comité-là va devoir travailler sur des solutions immédiates, à court et moyen termes, sous la direction de la bibliothécaire en chef (Leslie Weir). [...] Quand je suis entré en poste, j'ai eu le mandat d'arriver à avoir un budget équilibré. Présentement, on fait face à un déficit de cinq millions, a-t-il lancé, reconnaissant qu'il est «moche» que la bibliothèque doive en subir les contrecoups. 

Se disant ouvert à des compromis, M. Frémont a expliqué que ces coupures étaient entre autres directement liées aux grandes marges de profit des maisons d'éditions, qu'il n'hésite pas à qualifier d'inacceptables. 

Inscriptions à la baisse

Dans un autre ordre d'idées, l'institution a annoncé qu'elle doit composer avec une baisse d'inscriptions cette année, surtout dans les programmes d'études de premier cycle, qui comptent près de 8900 étudiants (-6%), dont le tiers sont francophones (33,7%). Dans cette catégorie, on compte 678 étudiants canadiens de moins que l'an dernier sur les bancs de l'Ud'O. Les étudiants internationaux permettent de compenser quelque peu le recul global, étant 155 de plus à s'être inscrits cette année. Pour les cycles supérieurs, le recrutement a légèrement augmenté (2%) avec 2025 étudiants, mais encore là, le nombre d'étudiants venus d'ailleurs sur le globe permet de pallier à la diminution chez les étudiants canadiens. 

Selon le vice-recteur aux études Michel Laurier, cette tendance à la baisse n'est pas une surprise, étant la conséquence d'un creux démographique. La diminution risque fort de se poursuivre au moins jusqu'en 2023, a-t-il indiqué.

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