Plaidoyer pour l'éducation sexuelle

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, était de... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, était de passage à Gatineau pour sa tournée de consultations publiques sur la réussite scolaire. Il est entouré des députés de l'Outaouais, Maryse Gaudreault, Stéphanie Vallée et Marc Carrière.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Le gouvernement du Québec doit sans attendre mettre fin au projet pilote du programme d'éducation sexuelle dans 19 écoles de la province, dont deux en Outaouais, et l'étendre à l'ensemble du réseau, a réclamé le Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF), lundi, devant le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, de passage à Gatineau pour sa tournée de consultations publiques sur la réussite scolaire.

Dans le contexte où les campagnes sur le consentement sexuel, l'égalité homme-femme, l'importance de dénoncer des agresseurs et la diversité sexuelle se multiplient depuis un certain temps au Québec, le gouvernement a le « prétexte parfait » pour passer à l'action, croit Simon Drolet, directeur du CIASF. 

« Quelque part, toutes ces campagnes cherchent à pallier des lacunes dans l'éducation sexuelle de nos enfants, dit-il. L'abolition de ce genre de programme par le passé débouche sur des choses comme on voit présentement, comme la culture du viol et les relations inégalitaires. Le Québec a mis beaucoup d'effort dans les programmes d'éthique et culture religieuse. Je pense qu'on est mûr pour mettre l'énergie équivalente dans l'éducation sexuelle. C'est aussi une question de réussite éducative. »

Le ministère de l'Éducation vise une implantation à la grandeur du Québec pour la rentrée 2017-2018, mais le ministre Proulx tient à se garder une marge de manoeuvre. « Je n'ai pas encore reçu l'analyse des projets pilotes, a-t-il précisé. Nous allons attendre cette analyse. On me dit que les choses se passent bien, mais une diffusion de programme à la grandeur du Québec ce n'est pas comme tenir 19 projets pilotes. Je ne veux pas profiter de la situation actuelle pour faire de la politique. »

Le projet pilote lancé il y a deux ans est « extrêmement prometteur et à l'avant-garde de ce qui se fait en la matière partout dans le monde », note M. Drolet. « On ne parle plus uniquement de condom ou de maladies transmissibles sexuellement, mentionne-t-il. On parle de relations égalitaires, de façons de repérer et de prévenir des abus sexuels, de relations amoureuses et de la façon d'exprimer ses sentiments. Nos enfants manquent de connaissances par rapport à la sexualité. C'est une composante essentielle du développement des enfants. »

Les écoles ne pourront toutefois pas y arriver seules, admet M. Drolet. Il propose d'ailleurs au ministre Sébastien Proulx de ne plus hésiter à permettre la création de ponts entre l'école et les organismes communautaires qui oeuvrent dans le domaine. Ces derniers pourraient offrir une meilleure formation aux enseignants et même participer à des rencontres avec les parents pour leur expliquer le contenu de ce qui sera enseigné à leurs enfants et pourquoi certaines notions sont enseignées à un âge ou un autre.

« La proposition est intéressante, a affirmé le ministre. Je pense que le réseau scolaire est prêt à travailler en collaboration avec le milieu. Instaurer un cours pour l'ensemble des écoles ce n'est pas une démarche simple. »

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