À chaque élève sa réussite

Le directeur de l'école secondaire Sainte-Famille/aux Trois-Chemins de... (Justine Mercier, LeDroit)

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Le directeur de l'école secondaire Sainte-Famille/aux Trois-Chemins de Thurso, Éric Sincennes.

Justine Mercier, LeDroit

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Sur un total de 205 élèves, il y a... 205 plans d'intervention. Un mandat ambitieux pour le directeur de l'école secondaire Sainte-Famille/aux Trois-Chemins de Thurso, Éric Sincennes, qui n'hésite pas à se rendre directement chez les parents des élèves pour prévenir le décrochage.

L'école que dirige M. Sincennes ne reçoit que des élèves en difficulté, à la suite d'une décision de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) visant à les réunir tous sous un même toit. Les trois quarts sont des garçons. Certains présentent des problèmes de comportement, d'autres des retards d'apprentissage. Une vingtaine d'enseignants en adaptation scolaire oeuvrent sur place.

Le directeur sait pertinemment que ses élèves n'iront pas à l'université. «Mais ce n'est pas dans leurs besoins non plus, souligne M. Sincennes. Ils n'ont pas le goût d'y être.»

«Notre mission, c'est de les prendre là où ils sont rendus, et de leur faire vivre leur propre réussite, à la hauteur de ce dont ils sont capables», précise-t-il, en entrevue dans le cadre Semaine québécoise des directions d'établissement scolaire, qui se terminait vendredi. 

L'école de la rue Galipeau propose diverses avenues aux jeunes, notamment la formation pré-diplôme d'études professionnelles et la formation préparatoire au travail. Ils peuvent devenir boucher, charpentier-menuisier, préposé aux marchandises ou encore aide-cuisinier, donne en exemple M. Sincennes. «On veut les aider à développer des habiletés de bon citoyen», souligne le directeur. Des outils, donc, pour les aider à fonctionner dans la vie afin qu'ils puissent répondre aux attentes d'un employeur.

Le taux d'école buissonnière n'est pas plus élevé dans son établissement que dans d'autres écoles secondaires. Éric Sincennes effectue «un suivi plus serré» des absences. «Quand on voit que l'élève est en train de décrocher, on doit aller voir qu'est-ce qui amène l'enfant à ne pas fréquenter l'école.»

Or, l'école Sainte-Famille/aux Trois-Chemins couvre tout le territoire de la CSCV. Les parents peuvent donc parfois être réticents à faire la route jusqu'à Thurso, en partant de Val-des-Bois, de Lac-Simon ou de Montebello. «À plusieurs occasions, on s'est rendus sur place pour rencontrer des parents», indique M. Sincennes.

Diplômes «bidons»?

Au début du mois, le Journal de Québec a publié un article dans lequel un jeune homme de 22 ans a qualifié de «diplôme bidon» son certificat de formation préparatoire au travail, puisqu'il peine encore à lire sans aide.

À l'école Sainte-Famille/aux Trois-Chemins, une cinquantaine d'élèves sont inscrits dans cette formation de trois ans. Éric Sincennes reconnaît que plusieurs d'entre eux sont des «non lecteurs». «Ils arrivent à se débrouiller, mais il reste qu'ils ont de graves lacunes tant au niveau de leurs apprentissages en français qu'en mathématiques, et nous, on les accompagnent dans cette difficulté-là. [...] Ce sont des élèves qui ont pratiquement tous un téléphone cellulaire et qui 'textent' avec leurs amis, alors s'ils sont capables de faire ça, en quelque part, ils sont capables aussi de se débrouiller dans la vie de tous les jours. Ces élèves-là ont connu des difficultés toute leur vie scolaire, mais il faut en faire de bons citoyens.» 

Le programme de formation préparatoire au travail comprend 900 heures de stage en milieu de travail. À la CSCV, un partenariat est établi avec 80 employeurs, et «neuf fois sur dix», le stage débouche sur une embauche.

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