8% du cursus, mais 50% des premiers cours

La langue de Shakespeare sera surtout utilisée lors... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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La langue de Shakespeare sera surtout utilisée lors des 18 premiers mois d'études. La moitié des cours se feront en visioconférence - et en anglais. L'autre moitié du temps, les étudiants seront appelés à faire de l'apprentissage par résolutions de problèmes, ce qui se fera en français « avec des ressources locales » de la faculté satellite.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Bien que moins de 10 % de l'ensemble de la formation médicale qui sera offerte par l'Université McGill à Gatineau se fera en anglais, la langue de Shakespeare devrait prendre la moitié de la place lors des 18 premiers mois.

En annonçant mardi la création d'une faculté satellite de médecine en Outaouais, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que le français allait être utilisé 92 % du temps, « si vous incluez la formation complète en médecine de famille ». Cette formation complète à laquelle le premier ministre a fait référence comprend les quatre années de formation prédoctorale, de même que les deux années de résidence.

En tenant compte uniquement du nombre de semaines de la formation prédoctorale, qui comprend des cours et des stages, l'anglais sera utilisé environ 16 % du temps. « Si on fait l'effort de calculer toutes les heures et toutes les semaines, ce sera probablement plus 93-94 % en français pour la formation de six ans, et 89 % pour les quatre premières années », précise toutefois le Dr Gilles Brousseau, vice-doyen adjoint à l'enseignement médical de l'Université McGill.

Lors des 18 premiers mois

L'anglais sera surtout utilisé lors des 18 premiers mois d'études médicales, qui comprennent trois blocs de quatre mois et des congés. Les cours en visioconférence, qui seront diffusés à partir de Montréal et qui représentent près de la moitié du temps de formation, seront en anglais. L'autre moitié du temps, les étudiants seront appelés à faire notamment de l'apprentissage par résolutions de problèmes, ce qui se fera en français « avec des ressources locales », assure le Dr Brousseau.

Pour les 3e et 4e années, les étudiants effectuent surtout des stages d'externat en milieu clinique, ce qui se fera en français, tout comme pour leur résidence. Les étudiants peuvent également choisir d'effectuer certains stages ou leur résidence dans d'autres régions, au même titre que ceux ayant étudié en anglais à McGill peuvent décider de faire cette partie de leur formation en français, en Outaouais ou ailleurs. Le Dr Brousseau note à cet égard que les étudiants anglophones de McGill ayant effectué des stages ou leur résidence en Outaouais ont apprécié l'immersion clinique en français et que leur passage dans la région a permis d'améliorer de façon substantielle leur francisation.

La place du français

Le Dr Brousseau précise qu'il y a « de grosses chances » que d'ici l'implantation de la faculté satellite de médecine en Outaouais, prévue en 2020, le français puisse gagner du terrain, en fonction de la quantité de « matériel académique » qui pourra être traduit et des ressources disponibles pour enseigner.

« Quand on va faire notre programme - et on a quatre ans pour le faire -, notre objectif c'est de donner le plus possible de cours en français, affirme le Dr Brousseau. [...] Quand on a commencé à offrir l'externat intégré, tous les cours théoriques étaient en anglais par visioconférence, et tranquillement, on a été capable de les donner en français. »

Des cours sur des spécialités de niveau tertiaire risquent de rester en anglais, puisqu'il n'y a pas de professeurs pour certains domaines pointus en Outaouais. Il faudra alors avoir recours aux professeurs de l'Université McGill, car la division territoriale en vigueur pour les facultés de médecine prévoit que l'Outaouais est affilié à l'établissement anglophone de Montréal.

Comme pour les universités de langue française, les étudiants en médecine de la région seront aussi appelés à lire des ouvrages en anglais, qui sont souvent plus à jour sur les plus récents développements scientifiques.

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