Controverse sur la culture du viol à l'UQO

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Une photo circule sur les médias sociaux montrant une affiche déclinant «12 travaux d'Hercule» plutôt douteux à accomplir lors de la soirée d'intégration des membres de l'équipe des Jeux de la communication.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Une activité préconisant des actes à caractère sexuel, proposée par des membres de l'équipe des Jeux de la communication de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), a été condamnée par la direction, l'Association générale étudiante (AGE) et des universitaires. Des affiches placardées sur les murs de l'établissement dénoncent la culture du viol.

La feuille imprimée à plusieurs exemplaires et qui a circulé sur les réseaux sociaux montre « les 12 travaux d'Hercule » qui ont été proposés à certains membres des Jeux lors de la soirée d'intégration, qui s'est déroulée jeudi soir au bar Le Tonik de l'UQO.

« Si tu embrasses une fille : 1 point. Si tu prends une photo de sein : 2 points. Un shootgun dans une craque de seins : 3 points. Participer à un concours de wet t-shirt : 2 points. » L'affiche promet une récompense aux participants accumulant des points... « jusqu'à épuisement du budget ».

Le « jeu » a finalement été annulé au courant de la soirée face à la réaction des étudiants. Dans un communiqué publié en début de soirée vendredi sur la page Facebook des Jeux, les membres ont tenu à s'excuser.

« Nous regrettons amèrement d'avoir écrit cette blague destinée à rester entre nos mains, mais surtout, de l'avoir vu être ainsi propagée et faire du mal à de nombreuses personnes que nous tenons en haute estime. Les dommages que cette histoire a pu causer dépassent largement ce que nous aurions pu nous imaginer. »

De son côté, le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, a dénoncé vivement ce type d'événement.

Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, en mêlée... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 2.0

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Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, en mêlée de presse

Patrick Woodbury, LeDroit

« L'UQO condamne le geste commis dans le cadre d'une activité des Jeux de la communication, a-t-il martelé. [...] Ce genre de blague n'a pas sa place à l'université, même si, semble-t-il, c'est un jeu qui n'a pas levé, c'est-à-dire que peu de personnes y ont participé. »

La ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a aussi dénoncé ce type d'activité. « Merci aux personnes qui ont dénoncé cette initiative et @UQO pour avoir condamné rapidement cette activité », a-t-elle écrit sur Twitter.

Une enquête est en cours afin de faire la lumière sur toute l'histoire. Les sanctions pourraient mener jusqu'à l'exclusion de l'université.

L'association étudiante a annoncé qu'elle suspend tout financement ayant été accordé dans le cadre de la compétition des Jeux de la communication. La direction de l'UQO n'écarte pas non plus l'idée de révoquer sa commandite aux Jeux.

« Cette culture du viol à l'Université, on n'accepte pas ça, a déploré Philippe Boily, président de l'AGE-UQO. [...] Ce genre de geste est complètement répréhensible. On doit agir et on doit montrer l'exemple. »

Démission réclamée

Le comité organisateur des Jeux de la communication a réagi rapidement à la controverse et a contacté la direction de l'Université. L'organisme qui chapeaute les délégations dans chaque université demande aux responsables de démissionner de leurs fonctions.

« On ne veut pas que cette image reste associée à l'UQO ni aux Jeux de la communication », a déclaré Stéphanie Boucher, présidente du comité organisateur des Jeux.

Cette dernière précise que le comité a rencontré chaque responsable de délégations en début d'année afin d'établir les bases et partager les valeurs et l'image des jeux.

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