Le sentiment du devoir accompli

Le recteur sortant de l'Université d'Ottawa, Allan Rock,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le recteur sortant de l'Université d'Ottawa, Allan Rock, était de passage dans les bureaux du Droit pour dresser le bilan de ses huit ans à la tête de l'institution.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Allan Rock tirera bientôt sa révérence, après huit ans à la tête de l'Université d'Ottawa. Alors que s'égrènent les derniers jours de son mandat, le recteur s'apprête à quitter ses fonctions, « très positif, très satisfait » de l'ensemble de son oeuvre.

Lorsque Allan Rock est arrivé aux bureaux du Droit pour une rencontre éditoriale, le recteur sortant de la plus grande université bilingue au monde venait de passer quatre jours de collation des grades, à serrer les 7000 mains d'autant de nouveaux diplômés qui ont commencé leurs études à la moitié de son mandat. Allan Rock soupire. « C'est incroyable comment le temps a passé rapidement ! »

À l'heure du bilan, la première tape dans le dos touche la gestion de la croissance de l'Université. L'institution a connu une période de croissance « énorme » entre 2000 et 2010, lors de laquelle le corps étudiant est passé de 22 000 à 43 000 têtes à instruire. Un développement rapide, qui a eu des impacts sur la qualité de l'expérience des étudiants.

Malgré le gel de la taille de la population étudiante en 2010-2011, l'Université a embauché une soixantaine de professeurs additionnels, créé de nouveaux espaces pour les étudiants et diversifié les modes d'apprentissage, notamment avec des débouchés à l'international qui n'existaient pas avant. « Je suis maintenant convaincu que l'expérience pour un étudiant est beaucoup plus positive par rapport au passé, se félicite Allan Rock. Et je suis très content avec ça, parce que c'était ma priorité, de focaliser sur les étudiants. »

Mais ce renouvellement ne s'est pas fait sans le sempiternel défi du financement. Allan Rock l'admet : avec des coûts qui augmentent, mais des subventions gouvernementales par tête qui ont à peine bougé en 30 ans, il est de plus en plus difficile pour l'Université d'équilibrer son budget opérationnel. Pour épauler le développement, les étudiants canadiens ont vu leurs frais de scolarité bondir de 3 à 5 % par rentrée pendant plusieurs années consécutives, des hausses qui ont fait beaucoup jaser au sein de la communauté étudiante. « Éventuellement, on va avoir un grand défi en déterminant comment financer l'éducation postsecondaire, que ce soit les collèges ou les universités. (...) Pour le moment, je dirais que la formation à l'Université d'Ottawa est accessible, particulièrement avec les changements mis en place par Kathleen Wynne. Je ne vois pas les droits de scolarité comme un obstacle pour les gens qui voudraient étudier à l'Université d'Ottawa. »

Un bémol au bilan

Rare bémol au bilan : l'échec de la mise sur pied d'une École des études gouvernementales, qui regrouperait les expertises en administration publique, en sciences politiques, en gouvernance et en affaires internationales. Certains éléments ont été mis en place, comme le Forum pour le dialogue, pour lequel l'animateur de Jeopardy ! et gradué de l'Université d'Ottawa Alex Trebek a offert 5 millions $ en mai dernier. « J'aurais espéré avoir l'École en place avant mon départ. Mais au moins, on a fait du progrès dans ce sens-là. »

La suite ? De janvier à septembre 2017, un retour sur les bancs d'école d'une faculté de droit américaine qui reste à choisir s'annonce pour le recteur sortant. Allan Rock fera ensuite un retour en force dans l'institution qu'il a pilotée, cette fois pour enseigner le droit.

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