L'évaluation des doyens de l'Université d'Ottawa sème la bisbille

Le pavillon Tabaret de l'Université d'Ottawa... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le pavillon Tabaret de l'Université d'Ottawa

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Un litige oppose l'Université d'Ottawa et le syndicat de ses professeurs au sujet d'un sondage d'évaluation des doyens de certaines facultés qui a été qualifié de «processus douteux» par l'administration.

Le conflit tire son origine d'un questionnaire envoyé en février à des membres de l'Association des professeurs de l'Université d'Ottawa (APUO), dans le but d'évaluer les doyens des facultés de l'École de gestion Telfer, des sciences de la santé, des sciences sociales et de droit (section de droit civil).

L'administration de l'Université d'Ottawa n'a visiblement pas digéré les démarches entreprises par l'APUO. Dans un message envoyé aux membres du syndicat, le mois dernier, le recteur Allan Rock fait part de son «désappointement» envers l'exécutif de l'APUO.

«L'Université a déjà mis en place un processus d'évaluation pour les employés, y compris les doyens et les cadres, écrit le recteur. De mon point de vue, la décision de l'exécutif du syndicat de mener sa propre évaluation, pour ensuite en diffuser les résultats à l'ensemble de la communauté universitaire, est irresponsable et profondément injuste. [...] L'administration de l'Université n'accordera aucune attention aux résultats de ces "évaluations", et nous vous encourageons vivement à faire de même.»

L'APUO, qui affirme avoir procédé à son sondage en vertu de son Énoncé de politique sur l'évaluation des cadres supérieurs, dénonce la réaction de l'Université d'Ottawa.

«L'administration n'aime pas notre sondage et n'aime pas le fait que nous fassions une évaluation des doyens, a souligné en entrevue la présidente de l'APUO, Jennifer Dekker. L'autre chose, c'est que nous avons trouvé des problèmes dans une des facultés, celle des sciences de la santé, et à mon avis, l'administration veut protéger la doyenne. Ils ne veulent pas admettre qu'il y a un problème.»

Le «problème» évoqué par l'APUO concerne la doyenne Hélène Perrault, en poste depuis 2013.

«C'est une personne dont la porte est toujours fermée, affirme Mme Dekker. Les membres de la faculté n'ont pas le droit de lui envoyer des courriels, de lui téléphoner ou de lui parler. Elle délègue la communication à ses adjoints et oblige les membres qui font partie de comités à signer des ententes de confidentialité qui sont contre la convention collective.»

Dans une lettre adressée à Mme Dekker, le recteur accuse l'APUO de ne respecter «aucun processus normal d'évaluation» et d'avoir «choisi de faire fi des exigences du règlement même qu'elle prétend invoquer», soit celui sur la prévention du harcèlement et de la discrimination.

«Par vos agissements, vous avez porté atteinte à la réputation des doyens, et surtout de la doyenne Hélène Perrault», écrit Allan Rock, en demandant que des excuses soient présentées à la doyenne de la faculté des sciences de la santé. Le recteur souligne également qu'une lettre au sujet de l'évaluation menée par l'APUO a été distribuée à de nombreuses personnes, dont «un cadre de l'Hôpital Montfort où la doyenne Perrault siège au conseil d'administration».

Jennifer Dekker soutient que l'APUO continuera, malgré la désapprobation de l'administration, à demander à ses membres de participer à son processus d'évaluation.

L'Université d'Ottawa a pour sa part indiqué n'avoir «rien à ajouter» à la position émise par le recteur dans ses correspondances avec l'APUO.

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