L'Ud'O verdira son portefeuille

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Des manifestants ont assisté à la réunion pour revendiquer le retrait des actions dans des entreprises du domaine des énergies fossiles.

Patrick Woodbury, LeDroit

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L'Université d'Ottawa (Ud'O) vient de franchir un cap sans précédent. Lundi soir, le Bureau des gouverneurs a ouvert la voie au retrait des actions de l'établissement dans des entreprises du secteur des hydrocarbures, une première au Canada.

Après 18 mois de discussions avec la communauté universitaire et de consultations auprès d'experts sur la question du désinvestissement, la trentaine de membres du Bureau des gouverneurs a tranché, presque à l'unanimité. Verdict: le Comité des finances et de trésorerie se voit confier un mandat chargé à volets multiples, dont le but est de verdir non seulement les finances de l'Ud'O, mais aussi sa recherche et son campus. Une décision accueillie par une salve d'applaudissements de manifestants, qui assistaient à la réunion pour revendiquer le retrait des actions dans des entreprises du domaine des énergies fossiles.

«Le Bureau a accepté, étant donné l'accord de Paris sur le climat, étant donné les politiques adoptées par les gouvernements au fédéral et au provincial, que nous nous éloignions du carbone en tant que pays. L'humanité s'éloigne du carbone. Si nous gardons nos investissements dans les compagnies de ce secteur, nous allons perdre au jeu», a résumé le recteur de l'Ud'O, Allan Rock.

Désormais, il ne sera plus question de «désinvestissement», terme qui fut au coeur des débats précédents. Car l'Université ne s'est pas donné comme objectif de se délester des actions qu'elle détenait auprès d'une trentaine de joueurs du secteur des combustibles fossiles pour une valeur totale de 95 millions $, selon des données datant du 31 décembre 2014.

Actions, recherche et déchets

Le mandat adopté jeudi préconise une approche plus large. L'ensemble du portefeuille de placements, y compris les actions dans les compagnies liées aux hydrocarbures, sera révisé dans le but de réduire son empreinte carbone d'au moins 30% d'ici 2030, initiative soutenue par la mise sur pied d'un fonds d'investissement durable de 10 millions $. Autre piste de solution, un autre fonds de près de trois millions $, cette fois pour la recherche en innovation propre, sera créé d'ici 2020 pour financer la recherche, l'enseignement et les bourses d'études supérieures en lien avec les technologies écoresponsables. Enfin, l'Ud'O veut faire de son campus un «campus sans déchets», en réduisant notamment sa consommation d'eau, d'énergie provenant de combustibles fossiles et ses gaz à effets de serre.

Loin d'être un geste symbolique, la décision de réorienter les actions de l'Université serait financièrement avisée, insiste Allan Rock. «On a une préoccupation qu'on va perdre de l'argent dans nos investissements dans le secteur qui est en train de mourir. Alors il faut les abandonner, en faveur d'investissements dans les technologies de l'avenir.»

Le Comité des finances et de trésorerie devra établir un plan d'action et un échéancier pour la réalisation des objectifs. Un premier rapport annuel sera déposé en septembre 2017 pour faire état des progrès.

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