Il est temps d'investir, dit le recteur de l'UQO

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Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, continue à espérer que le premier ministre Couillard tiendra sa promesse et accordera, au même titre qu'en santé, un statut particulier en éducation pour l'Outaouais.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Physiothérapie, nutrition, kinésiologie, écologie, voire même pharmacie et droit civil. Tout ça, idéalement, d'ici 2020. Le plan de développement de programmes du recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, est ambitieux. Et l'argent devra suivre pour qu'il se concrétise.

En entrevue éditoriale avec LeDroit, le recteur s'est dit déterminé à « arrêter de faire du sur-place et à aller de l'avant avec des programmes, avec des infrastructures aussi éventuellement ».

L'heure est maintenant venue pour Québec d'investir, croit le grand patron de l'UQO, puisque le développement de nouveaux programmes en santé est sur la table depuis plusieurs années déjà.

« Il n'y a pas d'avancement parce qu'on ne veut pas les financer, dit-il. Nous, l'université, avec notre fonds d'opération, on ne financera pas ça. On veut un statut particulier [qui] va servir à ça, c'est-à-dire qu'il faut aller chercher des subventions spéciales pour développer ces programmes-là, et ça commence avec les études d'opportunité. »

Que ce soit pour des programmes en santé comme la physiothérapie, la nutrition et la kinésiologie, pour le droit civil, pour l'écologie ou pour une faculté-satellite de pharmacie en collaboration avec l'Université Laval, rien ne se fera en claquant des doigts.

« Un nouveau programme, quand tout va bien, qu'il n'y a aucune aspérité dans le système - ce qui est rare - on parle de trois ans. » Les ambitions du recteur tournent ainsi autour de 2019-2020 pour créer cette nouvelle offre académique.

10 000 étudiants d'ici 2030

À plus long terme, Denis Harrisson souhaite que l'UQO compte 10 000 étudiants dans la région « d'ici 15 ans ». L'objectif est donc de doubler les effectifs actuels.

Ayant subi des compressions de 5 millions $ au cours des cinq dernières années sur un budget totalisant 80 millions, l'UQO mise ainsi beaucoup sur l'espoir apparu l'automne dernier, lorsque le premier ministre Philippe Couillard a promis un statut particulier en éducation pour la région de l'Outaouais.

M. Harrisson espère maintenant que les choses bougent rapidement, et que les cordons de la bourse gouvernementale se délieront avant la fin du présent mandat des libéraux, prévue pour l'automne 2018. 

« J'aimerais ça [que le gouvernement] reconnaisse le sous-financement de l'UQO et qu'à partir du statut particulier, il nous finance à la hauteur de nos attentes et de nos demandes. »

Selon le recteur, le développement de programmes, la consolidation des activités sur le campus Alexandre-Taché et la construction d'un pavillon des arts nécessitent des investissements d'« au moins 30 millions $ ».

Droit civil

Chaque année, plus de 200 étudiants font leur entrée à la faculté de droit civil de l'Université d'Ottawa, créée en 1953. « L'objectif de l'époque est de dispenser une formation juridique pour les futurs professionnels du droit du Québec, plus particulièrement ceux de l'Outaouais et de l'Abitibi-Témiscamingue », lit-on sur le site Internet de l'Ud'O. Québec a même modifié deux lois afin de reconnaître le diplôme ontarien pour la pratique dans la Belle Province.

Sans craindre l'effet de la notoriété de la faculté de civil de l'Ud'O sur les inscriptions dans un éventuel programme à Gatineau, Denis Harrisson note qu'« il faut tenir compte de la concurrence », que « ça fait partie de l'équation »

« On est condamné à l'originalité, dit-il. [...] Il va falloir développer le programme en droit avec une particularité qu'on ne trouve pas dans les autres programmes. Il faut trouver cet angle-là. »

L'argent, toujours l'argent

Les compressions de 5 millions $ imposées à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) au cours des cinq dernières années, « ça commence à paraître, ça s'accumule », déplore le recteur Denis Harrisson.

« On a de plus en plus de difficulté à répondre aux demandes internes et externes, admet-il. [...] Quand on regarde comment sont secouées les universités en particulier, on n'a pas l'impression qu'on reconnaît que c'est important le niveau d'éducation, le niveau à atteindre. Quand on compare le Québec avec les autres provinces en ce qui concerne le niveau d'éducation supérieure, c'est-à-dire le taux de diplomation universitaire, on a fait des bonds considérables depuis une cinquantaine d'années, mais on n'a pas encore rattrapé le niveau moyen canadien. »

Le recteur s'est toutefois dit « satisfait » du plus récent budget du gouvernement du Québec, présenté jeudi.

« Il n'y a pas de compressions, c'est déjà très positif, a-t-il réagi.  Il y a un léger réinvestissement annoncé pour les trois prochaines années, soit 2,5 %. Par ailleurs, il y a des investissements dans les infrastructures, mais  rien pour l'Outaouais, pas plus McGill que l'UQO.  C'est dire que les investissements en infrastructures ont repris et il faudra être prêt pour la prochaine vague. »

Seulement de l'expansion à Saint-Jérôme

La croissance observée au campus de Saint-Jérôme ne nuit pas aux développements espérés par l'Université du Québec en Outaouais (UQO) pour sa région natale, assure le recteur, Denis Harrisson.

Tout en rappelant que c'est à la demande du gouvernement que l'UQO a développé une offre de services dans les Laurentides, M. Harrisson souligne que la base demeure toujours en Outaouais. « Les programmes qui sont développés à Saint-Jérôme, ce sont des programmes qu'on a déjà, on fait juste de l'expansion, explique-t-il. On ne développe pas de nouveaux programmes, donc ce n'est pas très coûteux pour nous, mais on a évidemment un minimum d'infrastructures et ça prend des employés et des professeurs. »

L'UQO se doit tout de même de répondre aux besoins grandissants observés dans les Laurentides, où des bâtiments modulaires seront installés afin d'accroître la capacité d'accueil. « On ne cesse d'avoir des demandes d'admission à la hausse, souligne Denis Harrisson. C'est du 10, 12 % par année de hausse, et ça continue, à un point tel que le pavillon construit en 2010 est trop petit, vraiment trop petit. »

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