Des parents opposés à la réforme de l'immersion française

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La popularité des programmes d'immersion française ne se dément pas depuis leur création. Environ 70% des élèves du système anglophone public y sont inscrits.

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L'heure de vérité est arrivée pour des dizaines de parents francophiles d'Ottawa en guerre contre une réforme du populaire programme d'immersion française. La tension monte depuis octobre entre des familles qui y sont fortement attachées et la Ottawa-Carleton District School Board (OCDSB).

Au coeur de la controverse: la chute jugée dramatique des heures d'enseignement du français pour les jeunes élèves inscrits dans les programmes d'immersion.

En vertu de la réforme proposée, tous les élèves de la maternelle (4 et 5 ans) suivraient un cursus bilingue. La langue d'enseignement serait également répartie entre l'anglais et le français, une nouveauté.

Mais pour y arriver, la OCDSB doit en quelque sorte déshabiller Paul pour habiller Pierre, c'est-à-dire mettre la hache dans le nombre de cours donnés en français pour ceux inscrits dans le programme d'immersion.

Ainsi, la proportion des classes enseignées dans la langue de Molière passerait de 100% à 80% en première année, et de 80% à 60% en 2e et 3e années.

Pour la conseillère scolaire à l'origine de la réforme, le changement au régime est un «compromis équitable».

«À Ottawa, tout particulièrement, tous nos étudiants ont besoin d'une bonne base en français, dit Lynn Scott. Et actuellement, les élèves en immersion ont un bon programme, mais les autres n'étudient pas assez le français.»

«Retrancher un peu de français au programme d'immersion pour en donner plus aux autres a beaucoup de sens à mon avis.»

Des programmes extrêmement populaires

La popularité des programmes d'immersion ne se dément pas depuis leur création. Environ 70% des élèves du système anglophone public y sont inscrits.

Un des parents opposés à la réforme, Paul Dilman, n'est guère attendri par ce discours. Selon lui, il ne fait que masquer une manoeuvre purement comptable. «C'est peut-être cynique, mais c'est mon avis», affirme-t-il.

Mme Scott jure que l'OCDSB n'avait pas vu venir les économies de plusieurs millions de dollars qu'entraînerait la réforme controversée. «Nous avons été surpris de voir que nous allions faire ces économies», dit-elle.

Père de deux enfants ayant fréquenté le régime d'immersion, M. Dilman estime que la réforme touche au coeur de ce qui fait son succès: l'enseignement de tous les cours en français durant une année complète.

La professeure à l'Université de Toronto, Marie-Anne Visoi, est aussi de cet avis, à quelques nuances près.

Idéalement, la scolarisation devrait se faire exclusivement en français à la maternelle, pour passer à 80% des matières en 1ère, 2e et 3e années, suggère la spécialiste de l'enseignement des langues secondes.

De plus, la volonté du conseil scolaire de rendre accessible à un plus grand nombre d'élèves un enseignement plus intense du français risque bien de ne pas donner les résultats visés, dit-elle.

«Si on commence avec 50% d'anglais et 50% de français, on ne va jamais les familiariser avec la langue, d'après moi. C'est beaucoup mieux de commencer avec 100% et d'introduire l'anglais progressivement après.»

Si ses opposants sont nombreux, la réforme compte aussi ses adeptes. Selon un récent sondage, environ la moitié des parents seraient en faveur.

Après des mois de débats enflammés aux réunions du conseil scolaire, les élus trancheront lors d'une réunion mardi soir.

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