Le prix des aliments fait mal aux CPE

Dans les cuisines des CPE, on n'hésite pas... (Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse)

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Dans les cuisines des CPE, on n'hésite pas à feuilleter les circulaires des supermarchés afin de s'assurer de dénicher les meilleurs prix.

Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse

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Exit le chou-fleur, le brocoli, les raisins et parfois même les pommes dans les centres de la petite enfance (CPE).

L'explosion des prix de l'épicerie, particulièrement dans le rayon des fruits et légumes, contraint les garderies à faire une croix sur certains aliments - aussi sains soient-ils - et à faire la chasse aux aubaines.

«On n'a pas eu le choix, il a fallu se réajuster à ce niveau-là. Il faut redoubler de créativité pour réorganiser nos menus. Et ce qui est offert aux enfants peut être un peu plus répétitif. Dépendant des prix et pour pallier à tout ça, on se tourne parfois vers l'option des fruits et légumes congelés, même si l'on privilégie les frais», explique la présidente de l'Association des CPE de l'Outaouais (ACPEO), Line Kelly.

Avec l'augmentation fulgurante du prix de la viande depuis quelques années, surtout le boeuf, les garderies avaient déjà l'habitude de faire des choix lorsque vient le temps de planifier leurs achats de nourriture.

«Beaucoup de CPE dans la région ont adopté un menu semi-végétarien. Du tofu, on en retrouve de plus en plus, tout comme les légumineuses, car c'est moins dispendieux. Pour la viande, on va opter davantage pour du porc, par exemple. Mais peu importe ce que chaque direction décide, il faut savoir que la qualité des repas est toujours là», assure Mme Kelly.

Il est plus économique pour les CPE d'avoir un cuisinier sur place, tandis que la livraison de l'épicerie est de plus en plus rare. Dans les cuisines des CPE, on n'hésite pas à feuilleter les circulaires des différentes grandes bannières de supermarchés afin de s'assurer de dénicher les meilleurs prix. 

Après les salaires, l'alimentation est l'item le plus important dans le budget. Uniquement au CPE Au pays de Cornemuse, géré par Line Kelly et qui compte 205 places, la somme qui y est consacrée avoisine les 8500$ par mois, soit au-delà de 100 000$ par an.

Des effets au CISSSO, mais pas dans les commissions scolaires

Les conséquences de la hausse du prix des aliments se font aussi sentir au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), qui a servi pas moins de 2 948 543 repas l'an dernier. La facture moyenne de chaque repas étant de 2,10$, le coût de l'épicerie a avoisiné les 6,2 millions $ en 2015.

«Ça nous touche aussi, alors on a dû adapter certaines façons de faire pour abaisser les coûts, explique la porte-parole Geneviève Côté. Par exemple, en ajoutant des légumineuses, dont la valeur en protéines est aussi grande qu'avec la viande. On priorise les fruits et légumes frais, mais on peut en acheter congelés ou en conserve. [...] De plus, on a quand même deux avantages: on fonctionne avec un regroupement d'achats et des contrats pour une période de six mois, alors ça permet d'avoir des prix plus bas et d'avoir un meilleur contrôle.» 

La situation diffère dans les commissions scolaires, pour qui la hausse du prix de l'épicerie n'a peu ou pas d'impact, puisque les écoliers bénéficiant des services de garde doivent apporter leurs propres repas.

«Pour nous, ça a peu d'incidence pour le moment, car les seules écoles qui font affaire avec traiteurs, ce sont des écoles secondaires et tout cela fonctionne avec des appels d'offres. Souvent, il s'agit de contrats valides pour une durée de deux ou trois ans», explique la conseillère en communications à la Commission scolaire des Draveurs, Frédérica Dupuis.

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