Coupes dans les CPE: la grogne monte

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Une vingtaine de parents, enfants, éducatrices et membres du conseil d'administration du CPE L'Oiseau Bleu, dans le secteur Buckingham, ont formé une chaîne humaine devant l'établissement, lundi matin.

Benoit Sabourin, LeDroit

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Une vingtaine de parents, enfants, éducatrices et membres du conseil d'administration du CPE L'Oiseau Bleu, dans le secteur Buckingham, ont formé une chaîne humaine, lundi matin, afin de dénoncer les compressions de 120 millions de dollars annoncées par le gouvernement pour l'année 2016-2017.

Dans la foulée de la mobilisation nationale organisée par l'Association québécoise des centres de la petite enfance, plusieurs rassemblements du genre ont lieu dans la province chaque lundi depuis le 18 janvier pour demander à Québec d'épargner le réseau des CPE.

Pour la garderie qui a pignon sur l'avenue de Buckingham et qui accueille 44 enfants et embauche 14 personnes, les coupes annoncées par le gouvernement Couillard se traduiront par une perte de 30 000 $ du budget annuel, selon la directrice générale, Louise Legault.

La gestionnaire soutient que le CPE devra abolir un poste de soutien administratif et un autre de conseiller pédagogique, en plus de réduire en moyenne de quatre à cinq le nombre d'heures dédiées à la cuisine. 

«Nous sommes une institution à Buckingham et nous avons desservi plus de 400 familles depuis 1978. Nous avons des éducatrices qui sont là depuis le début. Ce sont 279 années d'expérience chez nous et on ne veut pas perdre cette qualité de service. Notre CPE est vraiment en péril à cause de ces coupures», affirme M. Legault.

Depuis l'an dernier, l'établissement a déjà dû réduire son budget d'environ 20 000 $, plaide la directrice générale. Pour combler le manque à gagner, le nombre d'heures de pédagogie a été réduit, alors que les repas destinés aux éducatrices et les journées «santé» ont été abolis.

Mme Legault craint devoir couper davantage dans les services. «Quand on coupe dans la pédagogie, on coupe directement dans les services aux enfants. Chez nous, on reçoit des enfants avec des besoins particuliers. Ça signifie des rencontres à l'extérieur et des plans d'intervention individualisés, je m'inquiète pour ça aussi», peste la directrice générale.

La mobilisation s'organise

Dans le camp des parents, on craint aussi les effets de la ponction à venir dans le réseau des CPE.

«Si les compressions procèdent comme elles sont prévues, on parle de moins d'heures pour les éducatrices, moins de temps pour les activités et moins de qualité dans la nourriture qui sera servie aux enfants. C'est inacceptable», déplore Marie-Ève Godin, une mère membre du c.a. du CPE L'Oiseau Bleu.

D'autres centres de la petite enfance aux quatre coins de l'Outaouais ont emboîté le pas en faisant des chaînes humaines, lundi.

La population invitée à soutenir les CPE

Christian Meilleur, vice-président régional de la FSSS-CSN, Julie... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Christian Meilleur, vice-président régional de la FSSS-CSN, Julie Charron, présidente du Syndicat des travailleurs(euses) en CPE de l'Outaouais, invitent la population à participer à la manifestation prévue dimanche.

Etienne Ranger, LeDroit

Indignés par le «trou considérable» qui sera créé par les coupes de 120 millions anticipées dans les centres de la petite enfance (CPE) l'an prochain, les syndiqués invitent la population à venir les soutenir lors d'une manifestation organisée ce dimanche à Gatineau.

La Fédération de la santé et des services sociaux de la Confédération des syndicats nationaux (FSSS-CSN), qui se prépare à crier haut et fort sa frustration, dès 10 h dimanche, demande au public de se joindre à la mobilisation visant à dénoncer ce qu'elle qualifie de «démantèlement des services de garde éducatifs à contribution réduite».

Soulignant que le réseau a subi dans la dernière année des compressions de l'ordre de 49 millions $, le vice-président régional de la FSSS-CSN, Christian Meilleur, affirme que les coupes de 120 millions prévues pour l'an prochain causeront des «impacts considérables et directs dans l'ensemble des CPE». Selon M. Meilleur, les compressions annoncées pour 2016-2017 représentent l'équivalent d'environ 1000 $ par place.

«Dans le premier jet des premières coupures de 49 millions $, nous avons vu plusieurs abolitions de postes, plusieurs coupures d'heures, a renchéri Julie Charron, présidente du Syndicat des travailleurs(euses) en CPE de l'Outaouais. On a dû faire des pieds et des mains pour nos budgets de pédagogie, pour le matériel pédagogique, et nous avons aussi vu l'impact sur les responsables en alimentation, où il y a eu des coupures d'heures, mais aussi des diminutions de budget au niveau de l'alimentation.»

Mme Charron estime également que les conséquences seront néfastes pour la présence des femmes sur le marché du travail, en indiquant que certaines n'arriveront plus à combler leurs besoins financiers en raison des abolitions de postes ou de la baisse de leur nombre d'heures de travail. La représentante syndicale craint aussi pour l'offre de services aux enfants présentant des besoins particuliers en raison de la diminution des budgets alloués par Québec.

M. Meilleur s'est par ailleurs dit inquiet du «choc tarifaire» qui attend les parents au moment de la production de leurs déclarations d'impôts, puisque les tarifs sont désormais modulés en fonction des revenus de chaque ménage. «Ces gens-là vont faire le saut», prédit-il. Ce changement dans la tarification a également des conséquences pour les responsables de services de garde en milieu familial, affirme M. Meilleur, puisque certaines ont déjà vu plusieurs enfants partir vers des milieux privés ou non subventionnés.

L'arrivée d'un nouveau ministre de la Famille en la personne de Sébastien Proulx ne changera pas nécessairement la donne, croit M. Meilleur, qui est loin d'être convaincu «que ça va avoir un impact direct sur la vision de ce gouvernement-là».

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