Deux représentantes syndicales menacées «sans raison»

Le Centre de la petite enfance (CPE) gatinois Aux Petits Lurons a brimé la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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Le Centre de la petite enfance (CPE) gatinois Aux Petits Lurons a brimé la liberté d'expression de ses employés et a menacé de sanctions «sans raison» des représentantes syndicales, a statué la Commission des relations du travail (CRT).

La CRT s'est prononcée le mois dernier sur «une plainte pour entrave, intimidation et menaces pour activités syndicales» qu'avait déposée le Syndicat des travailleurs (euses) en Centre de la petite enfance de l'Outaouais (STCPEO-CSN).

L'histoire remonte au printemps dernier. Le directeur général du CPE, Éric Maltais, avait avisé le personnel qu'en raison des compressions gouvernementales, il devait abolir des postes à temps plein pour ensuite afficher des postes à temps partiel.

En réaction, le syndicat avait remis aux parents un mémo dans lequel «des conséquences négatives sur vos enfants» et un «chamboulement injustifié» étaient notamment évoqués. La CRT a toutefois précisé que «l'employeur dénonce certains passages de la correspondance comme étant non fondés».

Des échanges de courriels ont suivi, et trois messages de M. Maltais ont mené au dépôt de la plainte.

Tout en indiquant que les deux premiers «ne constituent pas de l'ingérence illégale de la part de l'employeur dans les affaires syndicales», la CRT n'est pas du même avis pour le troisième, daté du 8 juin, envoyé à la vice-présidente à la négociation et aux griefs pour le syndicat, Najoua Zitouni.

«Le représentant de l'employeur adopte une position que la Commission ne peut endosser lorsqu'il fait mention qu'il pourrait prendre des mesures disciplinaires contre tout employé trouvé fautif d'avoir effectué ''toute intervention, communication ou moyen de pression [...] qui ont été faits ou qui seront faits avant qu'il n'y ait eu une période de négociation''», lit-on dans la décision.

«En agissant comme il l'a fait, le dg brime la liberté d'expression [...] et entrave également les activités salariales des salariés sans raison valable», estime la CRT, qui conclut que le CPE Aux petits lurons «a contrevenu à l'article 12 du Code du travail en cherchant à entraver les activités» du syndicat «et à discréditer ses représentants en tenant des propos visant à encourager un désistement dans les activités syndicales».

«Ce faisant, l'employeur tente d'étouffer tout mouvement de protestation éventuel», lit-on dans la décision de la CRT, qui estime aussi que M. Maltais a menacé «sans raison» deux représentantes syndicales et évoquant d'éventuelles mesures disciplinaires à leur endroit si l'employeur ne peut identifier «hors de tout doute» les salariés pouvant hypothétiquement adopter des comportements fautifs lors de moyens de pression.

Joint par LeDroit, M. Maltais a indiqué que le CPE n'entend pas porter la cause en appel. «Je n'ai pas été assez précis dans mon courriel», a-t-il réagi, évoquant une «erreur de parcours».

Un représentant du conseil d'administration a fait savoir que M. Maltais a encore la confiance des administrateurs du CPE, qui gère deux installations, sur la rue Front et sur le chemin Eardley.

Du côté de la CSN, le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux, Christian Meilleur, s'est dit «satisfait de la décision» de la CRT.

«On pensait que c'était du passé ce type de comportement, [...] mais on a encore des employeurs qui agissent de même, et j'espère que M. Maltais va prendre acte de la décision, je pense qu'il l'a fait, et qu'il va corriger les conditions de travail», a réagi M. Meilleur.

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