Augmentations salariales jugées «illégales» à l'Ud'O

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Une plainte au ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Reza Moridi, a aussi été envoyée.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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L'Association des professeur(e)s de l'Université d'Ottawa (APUO) poursuit l'institution pour avoir accordé des augmentations de salaires «illégales» à des cadres supérieurs.

Dans un communiqué daté de jeudi, l'APUO cite deux gestionnaires qui auraient reçu des hausses de salaire «en violation d'une loi ontarienne qui interdit de telles augmentations».

«Une demande de révision judiciaire a été initiée devant la Cour divisionnaire de l'Ontario contre l'Université d'Ottawa (Ud'O) pour avoir violé le gel salarial dans le secteur public de l'Ontario», écrit le syndicat.

Citant la «Sunshine List» de l'Ontario, la vice-rectrice à la recherche, Mona Nemer, a obtenu une augmentation de plus de 40%, passant de 259 754 $ en 2012 à 392 058 $ en 2014, déplore l'APUO.

Durant cette même période, le salaire du doyen de la faculté de médecine, Jacques Bradwejn, est passé de 385 700 $ à 422 572 $.

Le syndicat, qui représente 1250 professeurs et bibliothécaires à temps plein, a interpellé l'Université sur le cas de Mme Nemer plus tôt cet été. En juin dernier, l'Ud'O a expliqué qu'en plus d'être une gestionnaire, Mme Nemer dirige des recherches de pointe, ce qui explique son augmentation de salaire.

Le syndicat avait estimé que l'enveloppe liée aux travaux de recherches de Mme Nemer était «redondante», car son salaire de vice-rectrice à la recherche devrait couvrir l'ensemble de ses tâches administratives et de chercheuse.

Cette explication ne semble pas avoir convaincu le syndicat. «L'APUO maintient que ces augmentations sont illégales en vertu de la Loi sur la responsabilisation du secteur parapublic qui a été votée par le gouvernement de l'Ontario en 2010. Cette loi stipule que l'indemnisation versée aux cadres supérieurs tels que Mona Nemer et Jacques Bradwejn 'ne peut pas être augmentée', lit-on dans le communiqué.

L'APUO affirme avoir cherché des explications auprès du Bureau des gouverneurs de l'université en lui envoyant trois lettres, sans jamais obtenir de réponse.

Plainte au ministre... sans réponse

Une plainte au ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Reza Moridi, a aussi été envoyée. Le ministre n'aurait pas donné suite à la demande.

«L'APUO aurait préféré ne pas avoir à poursuivre l'université en justice, mais comme le Bureau des gouverneurs et le ministre n'ont pas même eu la courtoisie de répondre, nous n'avions pas d'autre choix que d'entreprendre des procédures légales», affirme la présidente de l'APUO, Jennifer Dekker, qui déplore que les importantes augmentations de salaires surviennent alors que l'Université fait des déficits.

«On peut donc raisonnablement se demander pourquoi les cadres supérieurs s'accordent d'énormes augmentations alors que la province a clairement fait savoir qu'ils ne doivent pas recevoir d'augmentations de salaire.»

L'Université d'Ottawa prévoit faire un déficit de près de 2 millions $ en 2015-2016.

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