Les commissions scolaires unies contre une «démocratie facultative»

Le président de la Concertation des commissions scolaires... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Le président de la Concertation des commissions scolaires de l'Outaouais et président de la CSD, Claude Beaulieu en compagnie de ses collègues, Diane Nault (Hauts-Bois-de-l'Outaouais), Jocelyn Fréchette (au Coeur-des-Vallées), Johanne Légaré (des Portages-de-l'Outaouais) et Jim Shea (Western Québec).

Etienne Ranger, LeDroit

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«Possible entêtement» du ministre, «démocratie facultative», «mépris», «insultant», «accroc majeur». Se disant «outrés» et «déçus», les présidents des commissions scolaires de l'Outaouais ne sont pas tendres à l'égard du projet de loi devant modifier l'organisation et la gouvernance dans le milieu de l'éducation.

C'est d'une voix commune que les présidentes et présidents des quatre commissions scolaires francophones de la région ont dénoncé, mardi, le projet de loi déposé la semaine dernière.

En vertu de ce projet de loi, les conseils des commissaires seraient remplacés par des conseils scolaires comptant 16 membres non rémunérés, dont des parents (qui obtiendraient un droit de vote), des membres du personnel des écoles et six représentants de la communauté. Ces derniers pourraient être élus par suffrage universel si 15% des parents du territoire souhaitent qu'une élection ait lieu.

«Nous nous questionnons à savoir si par un possible entêtement à vouloir abolir les commissions scolaires, le ministre de l'Éducation, François Blais, n'aurait rien trouvé de mieux que d'intégrer au projet de loi une mesure que nous qualifions de démocratie facultative, en ce sens que la tenue d'élection apparaît comme une procédure hybride à mettre en place si 15% des parents de la commission scolaire le souhaitent», a réagi le président de la Concertation des commissions scolaires de l'Outaouais et président de la commission scolaire des Draveurs, Claude Beaulieu.

Partage des ressources

Les membres de la Concertation estiment aussi que le projet de loi soulève «des risques d'une mauvaise compétition entre les écoles et d'appauvrissement de certains milieux».

M. Beaulieu a donné l'exemple des surplus enregistrés par certaines écoles, qui sont redistribués sur tout le territoire des commissions scolaires dans le but d'en arriver à «un partage équitable des ressources».

«Si les écoles conservent leurs surplus, [...] à ce moment-là on va avoir des écoles qui ont des services de garde qui sont riches et d'autres avec des services plus pauvres, donc certaines écoles vont être avantagées, pour la tarification et ainsi de suite, affirme-t-il. Si un service des dîneurs est plus rentable, on va abaisser les coûts, et où il y a moins de dîneurs, ça va être plus cher.»

Avec ses collègues Jocelyn Fréchette (au Coeur-des-Vallées), Johanne Légaré (des Portages-de-l'Outaouais) et Diane Nault (des Hauts-Bois-de-l'Outaouais), Claude Beaulieu a aussi rappelé que l'une des solutions mises de l'avant par les commissions scolaires était de tenir les élections scolaires au même moment que les élections municipales, afin d'accroître le taux de participation.

Ils s'indignent également que le pouvoir de taxation demeure, sans pour autant que la population soit assurée de choisir ses représentants, et estiment que le ministre aura trop de pouvoir pour intervenir directement dans les écoles.

Les anglophones inquiets

Le président de la Commission scolaire Western Québec, James Shea, s'est joint à ses collègues francophones, mardi, pour dénoncer le projet de loi 86. Il estime que les commissions scolaires anglophones, telles qu'elles existent actuellement, jouent un rôle essentiel auprès de la communauté minoritaire fréquentant les écoles sous leur responsabilité.

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