«Des économies de bouts de chandelle»

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Postés devant 21 écoles un peu partout sur le territoire de l'Outaouais, plusieurs dizaines de parents, enseignants et élèves ont formé des chaînes humaines avant le début des classes lundi matin pour protester une fois de plus contre les compressions dont les élèves «font les frais» depuis la rentrée scolaire, disent-ils.

Un geste symbolique que 35 000 personnes devaient poser en face de 375 établissements scolaires de la Belle Province dans le cadre du mouvement «Je protège mon école publique», une mobilisation dont l'ampleur est considérée comme historique. Le but: réclamer la fin de l'austérité et obtenir un financement adéquat et stable pour le système scolaire public.

Initiateur de l'événement à l'école Jean-de-Brébeuf et père d'un écolier de la maternelle, le Gatinois Stéphane Vigneault croit mordicus que le gouvernement fait fausse route et qu'il est complètement faux de croire que ces coupures n'ont pas d'impact sur les services directs aux élèves.

«Ces compressions-là ont des effets encore plus significatifs dans des écoles comme la nôtre, qui fait partie des 20% les plus pauvres du Québec (selon l'indice de défavorisation). Chaque service professionnel a été coupé de moitié, par exemple le psychologue n'est présent qu'une ou deux heures par semaine. Ça peut aussi être le coût d'une sortie scolaire qui a augmenté de 10 $, un montant qui peut paraître banal pour bien des gens, mais qui fait la différence entre y participer ou pas pour plusieurs parents qui n'ont pas les moyens», lance-t-il.

Espérant que Québec revienne sur sa décision et même recommence à dépenser en éducation au même rythme que la hausse du PIB, M. Vigneault se désole de voir que l'État se désengage graduellement et craint que l'on se dirige vers une «école à deux vitesses».

«Ça ne coûte pas cher d'investir en éducation quand on pense à tout ce que ça nous rapportera. Ce sont des économies de bout de chandelle à courte vue que l'on fait et on risque de se priver du potentiel incroyable qu'ont ces petits personnages-là. Et l'argent que le gouvernement promet de nous faire économiser en baisses d'impôts avant la fin de son mandat, on l'aura déjà dépensé plusieurs fois additionnelles à l'école. C'est ridicule», renchérit-il.

Députés interpellés

Par ailleurs, le jeune père de famille s'explique mal pourquoi les cinq députés libéraux de la région sont aussi silencieux et ne font pas entendre raison à leur propre gouvernement en voyant les parents sortir dans les rues.

«Ils devraient prendre position. Nous, dans trois ans, on aura moyen de passer à un autre appel», de dire M. Vigneault.

La ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, soutient toutefois que ses collègues du caucus libéral ont toute sa confiance. Elle indique que le ministre de l'Éducation présentera sous peu un plan pour améliorer le système d'éducation. Selon Mme Vallée, le ministre veut prendre en considération les besoins des écoles sur une base individuelle et impliquer davantage les parents dans les processus décisionnels.

«C'est certain qu'on (les députés libéraux de l'Outaouais) croit dans l'éducation et dans nos écoles publiques. Je pense qu'il faut rappeler qu'il n'y a pas eu de coupures dans la dernière année.»

Avec Julien Paquette

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