Les enseignants de l'Outaouais en autobus vers Montréal

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Des activités pour enfants ont été organisées au Cégep de l'Outaouais pour accueillir les petits qui n'ont pu aller à l'école, mercredi. Sur la photo, le vice-président du SEECO, Christian Bernier.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Coup de théâtre: aucune ligne de piquetage n'était en place devant les écoles de la région, mercredi matin, alors que le Syndicat des enseignants de l'Outaouais (SEO) tenait sa première journée de grève.

Ce sont plutôt des autocars qu'on pouvait apercevoir dans le stationnement d'établissements comme l'école du Plateau et l'école secondaire Mont-Bleu. Selon le président du SEO, Claude Tardif, l'exécutif du syndicat a convenu qu'il était important «d'envoyer un message d'unité au gouvernement» en se joignant à la manifestation organisée par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), dans les rues de Montréal.

Ce sont près de 1700 enseignants de la région qui sont grimpés à bord d'un des 34 autocars en direction de Montréal, selon M. Tardif.

«En plus de faire le choix de se priver d'une journée de salaire, on fait le choix de faire la route pour lancer un message fort au gouvernement.»

Pour le président du SEO, les plus récentes offres du gouvernement dans le cadre des négociations actuelles sont inacceptables. Il déplore que le gouvernement demande aux enseignants d'augmenter leurs heures de travail sans augmenter leur salaire, en plus de vouloir augmenter le nombre d'élèves par classe et abolir des postes d'enseignants ressources et d'orthopédagogues.

Claude Tardif rappelle qu'en 2010, lors des dernières négociations collectives, la tenue d'une journée de grève par les enseignants avait changé le climat à la table de négociations et mené à une entente de principe. Il espère que ce scénario se répétera cette fois-ci.

Si ce n'est pas le cas, une ou deux autres journées de grève pourraient avoir lieu. M. Tardif affirme que si son syndicat décide de mener cette action, les moyens de pression auront certainement lieu dans la région.

Appui des profs du cégep

Le Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de l'Outaouais (SEECO) s'est joint à la mobilisation des membres du SEO avec une action symbolique, mercredi midi, à la cafétéria des campus Félix-Leclerc et Gabrielle-Roy. Des activités pour enfants y étaient organisées pour accueillir les petits qui n'ont pu aller à l'école pendant la journée de grève de leurs enseignants.

Le vice-président du SEECO, Christian Bernier, a indiqué que l'action visait également à rappeler que les enseignants au cégep se trouvent dans un contexte semblable à leurs homologues du primaire et du secondaire. Ils doivent aussi négocier une nouvelle convention collective dans un contexte de coupes budgétaires.

«On ne fait pas partie des mêmes syndicats [...], sauf qu'on est dans le même bateau, soutient M. Bernier. On veut rappeler aussi que c'est important d'avoir un système d'éducation bien financé. En amenant les enfants ici, on les invite aussi à découvrir leur Cégep et ce qui les attend.»

Des chaînes humaines autour des écoles

Le 1er du mois est en voie de devenir synonyme de chaîne humaine.

Le mouvement Je protège mon école publique! poursuit ses activités et invite les parents et les citoyens à se rendre à leur école de quartier jeudi matin pour poser un geste symbolique. L'objectif: dénoncer les compressions en éducation du gouvernement du Québec.

Je protège mon école publique! réclame au gouvernement un financement adéquat et stable pour l'éducation publique, une solution au problème de surpopulation des écoles et un accès aux services spécialisés pour les enfants en difficulté.

Dans la région, des groupes ont déjà confirmé vouloir se regrouper devant neuf établissements, dont l'école St-Michel (Buckingham), l'école Rose-des-Vents (Cantley), l'école Providence/JM Robert (Saint-André-Avellin) et l'école Euclide-Lanthier (Aylmer).

Piquets de grève à Ottawa

Le président de la Fédération des enseignantes et des... (Michelle Siu, Archives La Presse Canadienne) - image 4.0

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Le président de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, Sam Hammond

Michelle Siu, Archives La Presse Canadienne

À l'instar de leurs homologues de la rive québécoise, des enseignants ontariens anglophones ont fait la grève mercredi à Ottawa.

Les membres du syndicat de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles élémentaires de l'Ontario (FEEO) ont érigé des piquets de grève devant plusieurs établissements au cours de la journée.

La taille des classes, les conditions d'apprentissages des élèves et diverses balises imposées dans leurs activités de préparation pour l'enseignement sont au coeur du litige. Le président de la FEEO, Sam Hammond, assure depuis des mois que les conditions salariales ne sont pas un point d'achoppement.

Par ailleurs, ce dernier rejette «l'approche universelle» du gouvernement de l'Ontario qui cherche, à son avis, d'imposer les mêmes conditions de travail à tous les professeurs de la province. La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO) et l'Association des enseignants catholiques anglophones ont signé une nouvelle convention collective similaire au cours des dernières semaines.

«Un élève de six ans a des besoins éducatifs différents que ceux d'un élève de 16 ans. Ainsi, les conditions de travail d'un enseignant de l'élémentaire doivent être différentes que celles de leurs homologues du secondaire. L'imposition d'une approche universelle ne fonctionne pas», soutient M. Hammond.

La FEEO est le dernier syndicat d'enseignants à devoir négocier une nouvelle entente. À la mi-septembre, l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), qui représentent quelque 10 000 francophones, a conclu une entente de principe avec la province, évitant ainsi une grève du zèle.

Exaspéré par la tournure des négociations, M. Hammond avait d'ailleurs averti en août que le gouvernement libéral serait «aux prises avec le combat de sa vie» si une entente ne pouvait être conclue dans les plus brefs délais.

À cet effet, le porte-parole de 78 000 enseignants promet des grèves tournantes au mois d'octobre.

«Nous sommes de plus en plus préoccupés par le plan de la FEEO de commencer des grèves tournantes, a déclaré plus tôt cette semaine Liz Sandals, ministre de l'Éducation. Les étudiants ne peuvent pas se concentrer sur l'apprentissage quand ils ne sont pas dans la salle de classe. Il est regrettable que la FEEO opte pour de nouvelles perturbations plutôt que les négociations.»

Le gouvernement avance qu'il a révisé son offre en vertu de l'impasse récente survenue dans les pourparlers. La ministre Sandals implore la FEEO de revenir à la table de négociations pour conclure une entente «convenable».

- Jean-François Dugas, LeDroit

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