Services en français: l'Université d'Ottawa officialise sa désignation partielle

Le recteur Allan Rock a officialisé vendredi matin... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le recteur Allan Rock a officialisé vendredi matin la désignation partielle de l'Université d'Ottawa en vertu de la Loi sur les services en français.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La pérennité de l'éducation en français à l'Université d'Ottawa (Ud'O) est désormais assurée.

Le recteur Allan Rock a officialisé la désignation partielle de l'établissement en vertu de la Loi sur les services en français devant le monument de la francophonie de l'université, vendredi, jour de la fête des Franco-Ontariens.

«Quelle journée de fierté pour l'Université d'Ottawa, s'est-il exclamé! Cette désignation est une garantie pour la communauté franco-ontarienne et les francophones que les services et les programmes désignés seront là pour toujours. Nous ne pourrons pas modifier, changer ou abolir les programmes et les services en français, sauf dans des circonstances très limitées envisagées par la loi.»

Ce nouveau «jalon important» dans l'histoire de l'Ud'O fait donc en sorte que la majorité des étudiants pourront entreprendre et terminer leurs études de premier cycle en français. Des exceptions existent, par exemple dans les programmes de génie ou de sciences.

Il va sans se dire aussi que les cours de langue ne seront pas assujettis à la désignation francophone, tout comme certains stages en raison de l'interaction possible avec une clientèle bilingue.

«Par contre, si nous voulons créer un nouveau programme dans une faculté, il devra aussi être offert en français», a précisé Sébastien Grammond, professeur en droit civil qui a piloté le dossier de la désignation.

Travail de plusieurs années

Les démarches dans le but d'octroyer cette désignation remontent à plusieurs années. La ministre responsable des Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, avait d'ailleurs demandé à la direction de l'Ud'O de se prévaloir de ce statut en 2012. La rigidité de la Loi sur les services en français a toutefois fait hésiter les dirigeants.

«Elle n'a pas été conçue en ayant à l'esprit une université, a souligné M. Rock. Elle a vu le jour principalement pour les services gouvernementaux. Nous trouvions qu'il était difficile d'adapter la loi, qui a l'effet de maintenir les services, dans un contexte universitaire où chaque année il faut modifier l'offre de programmes pour rencontrer les besoins changeants de nos étudiants et les réalités du marché.»

Comme institution qui est autonome, l'université misait donc sur une certaine flexibilité pour réévaluer la pertinence de ses programmes. Et après quatre ans de discussions et consultations, elle dit en être venue à un consensus quant à la portée et les modalités de cette désignation.

Un début

«Toutefois, ce que nous faisons aujourd'hui n'est pas la fin. Ce n'est qu'un début», a insisté M. Grammond. Dans trois ans, nous allons examiner la possibilité de l'élargir à d'autres programmes, notamment ceux des études supérieures.»

À l'heure actuelle, plus de 73% des cours de l'université au premier cycle se donnent en français. En chiffres absolus, ce nombre se traduit en 1 300 cours offerts.

L'Ud'O est devenue la cinquième institution postsecondaire à obtenir une désignation. L'Université Laurentienne de Sudbury a également obtenu une désignation partielle l'an dernier. Les collèges La Cité et Boréal, ainsi que l'Université de Hearst, sont pour leur part désignés, tout comme l'Institut de cardiologie de l'Ud'O, qui a reçu la sienne en 2011.

Le caractère francophone de l'Ud'O réaffirmé

Sébastien Grammond, Allan Rock, Patrick Lavoie, Marie-France Lalonde... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 3.0

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Sébastien Grammond, Allan Rock, Patrick Lavoie, Marie-France Lalonde et Richard Clément ont participé à la cérémonie de vendredi.

Patrick Woodbury, LeDroit

La désignation partielle de l'Université d'Ottawa, confirmée vendredi, ne vise pas à damer le pion aux groupes cherchant à fonder une université «par et pour» les francophones dans le centre et le sud de l'Ontario. Elle sert avant tout à réaffirmer le «caractère francophone» de l'institution, fondée par les pères Oblats de Marie-Immaculée en 1848, soutient le recteur actuel, Allan Rock.

«Je ne suis pas certain que la désignation va persuader des gens de la région du Centre-Sud-Ouest de venir chez nous, affirme-t-il. Ils sont toujours les bienvenus et nous essayons constamment, chaque année, de recruter le plus grand nombre d'étudiants francophones pour étudier en français. Mais je ne pense pas que la désignation aura un effet sur la question du recrutement, sauf possiblement pour les assurer que nous serons toujours là pour offrir les services et programmes en français.»

En février dernier, le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et l'Assemblée de la francophonie ont exigé la création d'une première université «par et pour les francophones» dans la région de Toronto, dès 2018, pour répondre à une demande croissante. Les trois organismes attendent toujours une réponse du gouvernement à cette demande formelle.

M. Rock précise par ailleurs que le mandat premier de l'Ud'O est de desservir une clientèle bilingue, même s'il rappelle que son institution accueille le plus grand nombre de francophones dans un établissement situé à l'extérieur du Québec.

«L'objectif chez nous n'est pas d'être francophone à 100%. L'objectif chez nous est de faire en sorte que les besoins des francophones qui voudraient étudier et avoir leur formation postsecondaire en français sont satisfaits», précise-t-il.

Même son de cloche du côté de Sébastien Grammond, professeur en droit civil qui a piloté le dossier de la désignation.

«L'Université d'Ottawa a une masse critique de 13 000 étudiants et plus qui sont francophones. Elle est désignée maintenant selon la loi et donc son caractère français est garanti pour l'avenir. Cela contribue dans une très large mesure à répondre aux besoins et attentes de la communauté franco-ontarienne.»

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