Apprendre à distinguer le vrai du faux

L'initiative vise à faire d'une pierre deux coups.... (Archives, La Presse)

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L'initiative vise à faire d'une pierre deux coups. D'abord, montrer aux élèves comment utiliser des notions apprises en classe dans la vie de tous les jours. Ensuite, les aider à différencier une chronique d'opinion d'un article factuel, ou un média fiable d'un blogue aux sources mystérieuses, par exemple.

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Chaque jour, des gens se font prendre par dizaines par les articles de sites de nouvelles satiriques comme The Onion, Le Navet ou LeFroid (une parodie franco-ontarienne du Droit) et croient leur contenu véridique. Ce n'est qu'un exemple de la mauvaise compréhension du travail des médias.

Des employés de la Commission scolaire des Draveurs (CSD) souhaitent que l'éducation aux médias soit mieux intégrée dans les salles de classe - et ils développent actuellement une initiative en ce sens.

La bibliothécaire Marie-Hélène Labory et le conseiller pédagogique en sciences et technologies Stefan Haag travaillent depuis quelques mois à développer une situation d'apprentissage qui pourra être employée par des enseignants d'un peu partout au Québec.

Cette situation d'apprentissage vise à faire d'une pierre deux coups. D'abord, démontrer aux élèves l'usage de notions apprises en classe dans la vie de tous les jours à l'aide de reportages journalistiques. Par la bande, les aider à différencier une chronique d'opinion d'un article factuel, ou un média fiable d'un blogue aux sources mystérieuses, par exemple.

«On se rend compte que les élèves voient souvent une opinion comme étant un fait. On jugeait important pour les élèves d'être en mesure de lire, comprendre et interpréter pour se faire une bonne opinion», explique M. Haag.

Le projet sur lequel ils travaillent - et qui doit être testé en classe d'ici un an - serait principalement employé dans les cours de sciences. Par exemple, on demanderait aux élèves d'utiliser des contenus médiatiques afin d'expliquer les impacts écologiques et sur la santé publique du déversement de pétrole qui a suivi le drame de Lac-Mégantic.

Éventuellement, Mme Labory espère toutefois développer des situations d'apprentissage dans les autres disciplines, comme le français, les sciences humaines, les mathématiques, et même la musique et les arts plastiques. Elle espère également que les enseignants seront en mesure d'adapter la situation d'apprentissage en fonction de l'actualité ou de leurs préférences.

«Les enseignants ont tellement de matière à transmettre. [...] Le défi était de transmettre des notions sur les médias en même temps que la matière soit transmise», explique Marie-Hélène Labory.

Une initiative saluée

Rare spécialiste en éducation des médias, le professeur de la TÉLUQ, Normand Landry, estime que l'initiative du duo de la CSD est «fondamentale».

M. Landry espère que la situation d'apprentissage soit reprise dans les écoles à travers la province. Il estime que les enseignants ne sont pas tous outillés pour enseigner cette compétence transversale puisque l'éducation aux médias est absente de la majorité des programmes universitaires en enseignement.

Il déplore d'ailleurs que le ministère n'accorde pas davantage de ressources aux enseignants dans ce domaine. «(Le projet de Mme Labory et M. Haag), c'est une initiative, pas une démarche du ministère. Il faut que des professionnels décident de leur libre chef d'agir, souvent avec très peu de support.»

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