L'anglais à la maternelle

Le conseil scolaire affirme que la «base acquise... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Le conseil scolaire affirme que la «base acquise en français n'est pas perdue» malgré l'ajout d'un programme anglophone à la maternelle.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'anglais sera enseigné dès la maternelle dans quatre écoles francophones catholiques de l'Est ontarien à la rentrée 2015. Le Conseil scolaire de district catholique de l'Est ontarien (CSDCEO) est d'avis qu'une telle mesure est un « atout » plutôt qu'une menace menant à l'assimilation des francophones.

Le programme international de langues sera offert à titre de « spécificité régionale », dès l'âge de 4 ans, à tous les élèves des écoles élémentaires catholiques de Hawkesbury, L'Orignal, Saint-Eugène et Vankleek Hill.

La conseillère scolaire pour le Canton de Champlain et Hawkesbury-Est, Sergine Rachelle Bouchard, refuse de croire toutefois que cette décision accélérera l'assimilation du fait français dans l'une des régions les plus francophones de la province.

« Nous, on ne le voit pas. Dans nos écoles, il y a tellement de français, d'activités et de fierté. Ils veulent continuer en français. Et quand ils retourneront chez eux, ils parleront en français, explique-t-elle. (Cette décision) n'empêche pas d'être aussi francophones, de bien parler le français. Ça va juste leur donner un petit atout. »

Pourtant, à la rentrée l'année dernière, l'Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) notait un recul important au sein des écoles du CSDCEO lors de son bilan annuel, notamment au chapitre de la lecture et en écriture.

À l'école Paul VI de Hawkesbpury par exemple, où l'anglais sera enseigné en septembre, il n'y a que 63 % et 65 % des élèves de la 3e année qui ont atteint la norme provinciale dans ses matières respectives.

UNE DEMANDE DES PARENTS

Le CSDCEO soutient que le conseil scolaire a choisi de mettre sur pied son programme « à la demande générale » pour répondre aux craintes des parents, inquiets que leurs enfants ne puissent cheminer convenablement dans la vie sans des notions d'anglais. L'objectif est d'obtenir un certificat de bilinguisme à la fin du primaire pour éventuellement mieux les outiller pour leur future carrière.

« Nous voulons que nos élèves soient concurrentiels sur le marché du travail et leur permettre d'avoir accès à toutes les professions et métiers. La base acquise (le français) n'est pas perdue », indique à son tour France Lamarche, surintendante de l'éducation au CSDCEO.

« Certains parents de la région croient que leurs enfants ne sont pas assez bilingues et en réaction, ils envoient leurs enfants dans des écoles anglophones, ajoute Mme Bouchard. C'est bien pour la région de Hawkesbury. »

La chute du poids francophone en Ontario ne semble pas donc inquiéter le CSDCEO.

« Peut-être qu'il y a des enfants qui ont besoin plus d'anglais dans la région », rajoute Mme Bouchard.

Pourtant, le 8 avril dernier, le Commissariat aux langues officielles, Graham Fraser, notait un recul notable dans la proportion de francophones dans certaines municipalités de la région. Son Portrait des groupes de langues officielles d'Ottawa et de Gatineau, préparé par Statistique Canada, démontrait d'ailleurs que le nombre de francophones était passé de 83,4 % à 79,8 % à Hawkesbury entre les recensements de 1996 et 2011.

« Actuellement, il n'y a aucun commentaire négatif, résume Mme Lamarche. Les parents sont très très contents de la mise sur pied de ce programme. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer