Vivre l'histoire à travers l'écran

De plus en plus de jeux vidéos utilisent... (Courtoisie Ubisoft)

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De plus en plus de jeux vidéos utilisent des événements historiques réels comme trame narrative, par exemple le populaire jeu d'action créé par Ubisoft, Assassin's Creed.

Courtoisie Ubisoft

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Violents. Sexistes. Superficiels. Les qualificatifs sont rarement positifs lorsqu'on parle de jeux vidéos. Mais pour l'étudiant chercheur Alexandre Joly-Lavoie, ce sont avant tout de puissants outils pour enseigner l'Histoire. Et le sens critique.

Il en parlera vendredi matin à l'Université d'Ottawa, dans le cadre de la 84e édition du Congrès des sciences humaines.

Âgé de 26 ans, M. Joly-Lavoie est de la génération qui a grandi avec les jeux vidéos - comme bien des enseignants, d'ailleurs. «Pourtant, on a très peu de recherches sur ce qu'ils présentent (comme outils d'enseignement), contrairement à d'autres médias comme le cinéma», souligne le doctorant en didactique de l'histoire à l'Université de Montréal.

«Trop souvent, on se limite à dire que c'est violent et que ça entraîne des comportements néfastes. Mais il n'y a pas de lien causal prouvé. C'est comme dire qu'un meurtrier a tué à cause des souliers qu'il porte.»

Alexandre Joly-Lavoie

Le divertissement numérique fait déjà partie de la réalité des élèves et enseignants, dit-il. «Bien souvent, j'ai des collègues qui se font demander: est-ce que c'est vrai que tel événement s'est passé comme dans tel jeu?»

Loin de se désoler de ces questions, il voit cette curiosité comme une occasion d'enseigner aux élèves comment l'Histoire s'écrit. Et ses premiers résultats de recherche tendent à lui donner raison.

Les versions de l'Histoire

De plus en plus de jeux utilisent de grands événements historiques comme trame narrative. Le jeu d'action Assassin's Creed III, par exemple, se déroule en pleine Révolution américaine et fait du joueur un acteur clé de cette période trouble de l'histoire des États-Unis.

Le souci du détail est parfois étonnant, souligne M. Joly-Lavoie. «Il peut être très près de la vérité en terme de détails, comme le nombre de boutons sur les vestes, le style architectural, etc.»

Mais il faut faire attention, avertit le chercheur. «Le jeu se donne un air authentique [...], mais la représentation des événements n'est pas toujours fidèle.»

Ces histoires romancées peuvent quand même servir à éduquer, souligne-t-il. «Dans la recherche historique, il existe des versions contradictoires qu'on doit démêler. [...] On peut mettre les élèves dans la peau d'un historien avec autre chose que des documents poussiéreux (grâce à de tels jeux).»

Mais tout n'est pas rose, admet M. Joly-Lavoie. «C'est pas le Saint-Graal, comme n'importe quel outil. Jusqu'où peut-on aller sans altérer la perception des jeunes de l'histoire? C'est là qu'on est rendu dans nos recherches.»

Dégommer les préjugés

Le jeune chercheur ne s'en cache pas, son choix de champ d'études fait parfois sourciller dans le milieu académique.

Les préjugés envers les jeux vidéos sont forts. «Trop souvent, on se limite à dire que c'est violent et que ça entraîne des comportements néfastes. Mais il n'y a pas de lien causal prouvé. C'est comme dire qu'un meurtrier a tué à cause des souliers qu'il porte», illustre-t-il.

Le manque d'information sur la bonne utilisation des jeux, lui, est bien réel, affirme M. Joly-Lavoie.

«L'important, c'est d'outiller les élèves - et les enseignants - pour qu'ils puissent bien interpréter leur monde», explique-t-il.

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