Les enseignants francos invités à se mobiliser en Ontario

Carol Jolin, président du syndicat, soutient que l'AEFO... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Carol Jolin, président du syndicat, soutient que l'AEFO a été chargée de procéder à un vote de grève.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Les enseignants francophones de l'élémentaire et du secondaire, tous conseils scolaires confondus, pourraient emboîter le pas à leurs homologues anglophones et déclencher un arrêt de travail l'automne prochain.

L'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) invite ses quelque 10 000 membres à non seulement s'exprimer lors d'un vote électronique de 72 heures - tenus du 2 au 4 juin - mais de se prononcer en faveur d'une grève.

« Nous sommes sans contrat depuis 10 mois et nous négocions une nouvelle entente depuis l'automne. Mais, devant la 'vitesse' des négociations et les retranchements exigés par l'employeur à nos enseignants, l'AEFO a été chargée de procéder à un vote de grève », explique Carol Jolin, président du syndicat représentant les enseignants des 12 conseils scolaires de langue française de la province.

Ce dernier compare d'ailleurs la lenteur des négociations aux déplacements d'un glacier.

« Ça avance extrêmement lentement, comme un iceberg », a-t-il imagé.

Les « retranchements » en question ne sont pas d'ordre salarial. Ils touchent plutôt les conditions de travail et par extension la qualité de l'éducation aux élèves. Augmentation de la charge de travail, hausse de surveillances et du temps d'accueil sont tous ciblés par l'employeur, explique M. Jolin.

Grève chez les anglos

Du côté anglophone, la Fédération des enseignants des écoles secondaires accuse même le gouvernement de vouloir augmenter la taille des classes.

C'est en partie pour cette raison que des enseignants des écoles anglophones des régions de Durham, Sudbury et Peel font du piquetage depuis le mois dernier. Depuis lundi, leurs pairs, toujours en classe, ont entamé une grève du zèle. Leur participation à des activités parascolaires, l'administration de tests de classement provinciaux et l'ajout de notes aux bulletins ont tous cessé indéfiniment à l'échelle provinciale.

« Je comprends que cette situation est un défi », a déclaré la première ministre Kathleen Wynne lors de son passage à Ottawa vendredi dernier. J'aimerais mieux ne pas avoir à passer à travers ce processus. J'aimerais éviter une situation où les enfants souffrent en raison des discussions difficiles entre adultes. Mais telle est la réalité à laquelle nous faisons face. »

Si les négociations continuent à piétiner, un conciliateur de la Commission des relations de travail de l'Ontario devra donner son aval avant de déclencher toute grève.

Les divers délais inhérents au processus feraient en sorte que l'arrêt de travail des enseignants francophones se produirait pour la rentrée, en septembre.

« Nos membres sont encore fâchés d'avoir eu à négocier dans des conditions extrêmement difficiles en 2012. L'employeur a sabré la convention collective et nous étions menacés par l'imposition d'une loi spéciale si nous ne participions pas aux négociations. Aujourd'hui, il tente de nous retirer nos acquis obtenus la dernière fois. Nous avons assez donné. Arrêtons les retranchements et trouvons une entente gagnant-gagnant », implore M. Jolin.

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