La CSD dit avoir choisi le scénario «le moins pire »

En tout, neuf groupes d'élèves des écoles primaires... (Étienne Ranger, LeDroit)

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En tout, neuf groupes d'élèves des écoles primaires du Bois-Joli et de l'Équipage iront à la polyvalente Le Carrefour dès la prochaine rentrée scolaire.

Étienne Ranger, LeDroit

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Après plusieurs semaines de débat parfois houleux, le sort des élèves de cinquième et sixième années des écoles primaires du Bois-Joli et de l'Équipage pour les années scolaires 2015-2016 ainsi que 2016-2017 en a été jeté mardi soir par la Commission scolaire des Draveurs (CSD).

Au grand dam de plusieurs parents, le cheminement scolaire de ces neuf groupes d'écoliers se poursuivra entre les murs de la polyvalente Le Carrefour.

Il aura fallu plus de 90 minutes de questionnements de la part des commissaires avant qu'un vote ne soit tenu et qu'un verdict tombe. 

Dans le cas des trois groupes de l'école du Bois-Joli, le vote a été très serré alors que six commissaires se sont prononcés en faveur de ce transfert des élèves, une proposition privilégiée par la direction de la CSD, alors que quatre s'y sont opposés. À l'inverse, en ce qui a trait aux six groupes de l'école de l'Équipage, le vote a été unanime en faveur du transfert vers la polyvalente Le Carrefour, à plus de 20 km de distance de leur école de quartier.

La séance du conseil des commissaires de la semaine dernière avait été ajournée afin que les élus puissent se pencher sur les cinq scénarios à l'étude, dont le transfert des élèves à l'ancienne école primaire Raymond, une répartition de ces derniers dans trois écoles primaires distinctes qui ne sont pas pleines à capacité (La Source, L'Envolée et La Montée), la maximisation des espaces actuels de l'école ou encore l'installation de neuf classes modulaires sur le terrain des établissements pour une durée de deux ans.

Or, plusieurs des options ont été jugées irréalistes par la direction de la CSD, entre autres en tenant compte des facteurs tels que la réussite ou la sécurité des enfants. Leur coût trop élevé a aussi été invoqué comme raison pour inciter les commissaires à s'y objecter.

L'ambiance était morose au terme de la rencontre, quelques parents fondant discrètement en larmes, alors que d'autres ne cachaient pas leur mécontentement. Le président de la CSD, Claude Beaulieu, a eu beau tenter de lancer un appel à leur collaboration pour les prochains mois en vue de ce changement majeur, plusieurs n'ont pas voulu l'écouter et ont quitté la salle en bloc.

Mère d'un élève de cinquième année de l'école du Bois-Joli qui devra vivre ce transfert, Geneviève Bérubé croit que les dés étaient pipés d'avance et estime qu'il y a un manque flagrant de transparence au sein de la CSD. Elle accuse M. Beaulieu et M. Dufourd (directeur général) de ne jamais avoir véritablement répondu aux questions des parents. 

« Je vais tenter de rester polie, mais on a ri de nous pendant deux mois, c'est à peu près ça. On a transformé les chiffres, on les manipulé comment on voulait. [...) Par exemple, ils parlaient de mettre des tableaux interactifs dans une école et que ça coûterait 20 000$ quand dans le fond ceux-ci sont déjà dans l'autre école et qu'on a qu'à les transférer. Je suis désolée mais les 20 000$ on les a déjà investis. Ils sont déjà sur le mur, on n'a qu'à les changer de place. Je pense qu'il y a eu beaucoup d'exagération au niveau des coûts à certains endroits pour maximiser leurs propres propositions », a-t-elle lancé.

Mme Bérubé croit que les commissaires ont eu accès aux documents et informations que la direction de la CSD a «bien voulu» leur fournir avant de prendre leur décision. 

«On a beaucoup parlé de l'impact financier, mais je n'ai pas vu la commission scolaire me présenter aucune étude au sujet de l'impact sur les élèves. Si je me suis impliquée dans ce dossier-là, c'est parce que moi-même j'ai un enfant qui fait de l'anxiété, qui prend des médicaments pour dormir», soutient-elle.

La mère de famille ajoute que la CSD a beau dire qu'elle ne touchera pas aux services aux élèves malgré son déficit, c'est pourtant ce qu'elle est en train de faire. 

Se disant conscient que les parents sont déçus et qu'il s'agira de toute une adaptation pour ces dizaines d'élèves à la prochaine rentrée des classes, le président de la CSD concède que la situation n'est pas idéale mais qu'il s'agissait de la « moins pire » des solutions à la problématique de surpopulation dans les secteurs de l'Aéroport et des Collines.

«Ce n'est pas une décision facile, c'était le moins scénario le moins pénalisant pour tout le monde. Moi, pourquoi je le recommandais, c'est qu'il ne mettait pas en danger la réussite éducative des enfants. Je suis un ex-directeur d'école, j'ai une expérience assez importante à ce niveau-là. D'ailleurs, aucun parent n'a questionné ça, le fait qu'on mettait ou non en danger la réussite. Même s'ils sont déplacés à Carrefour, ils vont avoir droit à des services de qualité», de dire Claude Beaulieu, précisant qu'à son avis, surcharger un établissement a des impacts sur la qualité de la pédagogie. 

Quant aux reproches faites à la CSD au chapitre de la transparence, il les rejette du revers de la main.

«Je m'excuse, on a fait le débat en public, on a donné tous les arguments possibles, les commissaires ont pu poser toutes leurs questions, etc. Je pense que ça a été un bon exercice pour la démocratie scolaire. Mais c'est certain qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. (...) On aurait pu le faire à huis clos», dit-il, ajoutant avoir trouvé dommage que certains parents aient fait de la désinformation en présentant des données biaisées et non vérifiées sur le terrain. 

La situation se résorbera peu à peu d'ici deux ans et demi, car deux écoles primaires doivent être construites, l'une à Val-des-Monts et l'autre à Gatineau, à temps pour la rentrée 2017-2018.

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