Québec affaiblit l'innovation sociale, croit le recteur de l'UQO

Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, n'aime pas... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, n'aime pas ce qu'il voit au gouvernement Couillard en matière d'innovation sociale.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le gouvernement du Québec a porté un dur coup aux différents foyers d'innovation sociale au cours des derniers mois, constate le recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson.

«L'État dit vouloir encourager l'innovation sociale, mais il a détruit les anciennes initiatives», a-t-il affirmé au Droit, jeudi, en marge d'une série de conférences sur l'innovation sociale à l'UQO. Les Centres jeunesse emploi, les Centres locaux de développement, la Conférence régionale des élus et les Centres de la petite enfance ont tous goûté à la médecine du gouvernement de Philippe Couillard.

Ces organisations sont toutes en profonde redéfinition, quand elles n'ont pas carrément été abolies. «Ce sont toutes des organisations porteuses des initiatives des citoyens et ça prend plus que des citoyens isolés pour faire de l'innovation sociale, ça prend des gens organisés et ça passe beaucoup à travers ce genre de structures», ajoute le recteur.

De l'expérience

Denis Harrisson ne parle pas à travers son chapeau quand il est question d'analyser les innovations sociales, soit les nouveaux modes d'intervention et d'opération de la société civile pour répondre à ses besoins. Avant d'accéder au rectorat de l'UQO, M. Harrisson a été directeur du Centre de recherche sur les innovations sociales de l'Université du Québec à Montréal, de 2003 à 2009. Il a aussi été membre expert sur l'innovation sociale de la Commission européenne, en 2013, et lors de la Conférence internationale de Dublin de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), en 2011.

«L'innovation sociale répond à un certain nombre de besoins en ces temps de crise économique et sociale, explique M. Harrisson. Elle est une stratégie d'intervention de la société civile dans un contexte d'affaiblissement des liens sociaux à cause d'un individualiste croissant dans notre société et aussi alors que le volet social de l'État s'effrite. Il y a une volonté de tempérer ce phénomène.»

Le recteur de l'UQO est d'avis que les milieux de l'innovation sociale n'ont pas encore absorbé le choc des derniers mois. «Mais il faut être en mesure de renaître, dit-il. Là, le gouvernement a un seul grand projet et c'est celui de l'équilibre budgétaire. Il vise tout le monde sans vraiment évaluer les impacts sur les organisations et leurs missions. Il va falloir reconstruire.»

M. Harrisson rappelle que l'histoire recèle de nouvelles idées générées par des crises. «Ce qui se passe peut être nocif à l'émergence de certaines initiatives, mais ça peut aussi en favoriser d'autres.»

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