Le macaron de la discorde à la CSCV

Sylvain Mallette et Claude Tardif affirment que la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Sylvain Mallette et Claude Tardif affirment que la centrale syndicale est prête à défendre ses membres.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) et la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) accusent la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) de brimer la liberté d'expression et la liberté d'association de leurs membres en essayant de les empêcher de porter un macaron dénonçant le plus récent dépôt patronal.

Les membres du SEO, syndicat affilié à la FAE, portent depuis la semaine dernière un macaron portant l'inscription « J'enseigne : mes patrons me méprisent ». La réaction n'a pas tardé, alors que le directeur général de la CSCV, Raynald Goudreau, a fait parvenir une lettre au président du SEO, Claude Tardif, dans laquelle il demande aux enseignants de ne pas porter leur macaron.

« De plus, M. Goudreau ajoutait que si les enseignants et les enseignantes refusaient de retirer le macaron, ce serait traité comme un geste d'insubordination, affirme M. Tardif. [...] Il a ajouté que la commission scolaire allait appliquer les sanctions qui s'imposeront. [...] M. Goudreau semble préférer punir les enseignants qui travaillent dans sa commission scolaire au lieu de valoriser leur profession qui en a bien besoin. »

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, estime que cette façon de faire de la CSCV relève d'« une décision qui vise essentiellement à empêcher les enseignants et les enseignantes de bénéficier du droit à la liberté d'expression et du droit à la libre association ».

La FAE, qui représente quelque 32 000 membres au Québec, souligne qu'il s'agit jusqu'à présent d'un cas unique, puisqu'aucune autre commission scolaire n'a évoqué le possible recours à des mesures disciplinaires à l'endroit d'enseignants portant le macaron.

La centrale syndicale affirme être prête à défendre ses membres, et dispose d'un fonds de résistance syndical en cas de besoin. « Ce n'est pas vrai qu'on va laisser une commission scolaire bâillonner les professeurs, a lancé M. Mallette, hier, à Gatineau. Ce n'est pas vrai qu'on va laisser un directeur général se comporter comme un inspecteur de rang. [...] On a le droit de manifester notre mécontentement devant un dépôt patronal méprisant. »

Défense du CSCV

La Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) se défend de vouloir museler le droit d'expression de ses enseignants et employés en réclamant à ceux-ci de ne pas porter en salle de classe le macaron.

Le directeur général de la CSCV, Raynald Goudreau, a réagi, mercredi midi, à la sortie médiatique de la FAE et du SEO.

M. Goudreau a souligné que l'ensemble des moyens de pression des enseignants avait été respecté jusqu'à maintenant dans la foulée des négociations.

Il a confirmé que des employés des établissements de la CSCV avaient récemment été avisés de ne plus porter ledit macaron sur leur lieu de travail. Toutefois, contrairement à ce que rapporte le camp syndical, aucune menace de congédiement n'a été évoquée par les directions d'établissement à l'égard du personnel concerné, a-t-il affirmé.

M. Goudreau déplore le choix des mots utilisé sur le macaron en question. Au nom de l'ensemble des directions d'établissement, il a déclaré hier que ce genre de message n'avait pas sa place en milieu de travail, auprès des élèves, qualifiant le slogan d'« inapproprié ».

« De laisser sous-entendre devant de jeunes enfants que le directeur de l'école lui-même ne respecte pas le code de vie de l'école, il y a là une limite qu'on franchit qui est inacceptable et pour moi et pour l'ensemble des gestionnaires de notre commission scolaire », a déclaré M. Goudreau.

« Il faut se le dire, un enfant de sept ans n'a pas une très grande connaissance de ce que sont des négociations à l'échelle nationale et de ce que sont des moyens de pression. Pour un enfant, ce genre de critique qu'on fait, c'est un peu comme si on voyait deux adultes se chicaner comme on le voit dans une cour d'école. »

La direction de la CSCV n'écarte pas la possibilité d'imposer des sanctions disciplinaires aux employés qui refuseraient de se plier à la consigne. M. Goudreau est demeuré vague sur la question et n'a pas voulu préciser quelle forme pourrait prendre celles-ci en cas d'application. Pour le moment, seuls les rappels verbaux seront en vigueur. Le processus de gradation des sanctions prévaut dans ce genre de dossier, a-t-il réitéré.

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