Les garderies font front commun contre la ministre

Francine Charbonneau... (Archives La Presse Canadienne)

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Francine Charbonneau

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Le milieu des garderies fait front commun pour exiger la tête de la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, jugée inapte à occuper ses fonctions.

Dans un geste rare, l'Association des CPE et l'Association des garderies privées, les deux principaux regroupements du réseau, ont mis de côté leurs rivalités, mercredi, pour demander instamment au premier ministre Philippe Couillard de remplacer Mme Charbonneau, une ministre qui a perdu la confiance du milieu.

En conférence de presse, les porte-parole des regroupements de garderies ont porté un jugement très dur sur la ministre.

Les griefs sont nombreux: on lui reproche de ne pas connaître ses dossiers, de ne jamais les avoir consultés, en somme de ne pas être «à la hauteur de la situation».

Surtout, on l'accuse de ne jamais avoir défendu les intérêts du réseau et des familles auprès du gouvernement, notamment en ce qui touche deux dossiers majeurs: la décision du gouvernement de moduler les frais de garde en fonction du revenu des parents, et lors du dépôt du projet de loi de la ministre qui visait à imposer des amendes aux parents jugés responsables des «places fantômes» dans les garderies.

Cette dernière mesure avait créé un tel tollé que la ministre avait finalement reculé.

Le désaveu du milieu envers Mme Charbonneau semble total et définitif. En 10 mois à peine, les ponts ont été coupés.

En conférence de presse, le président de l'Association des centres de la petite enfance (AQCPE), Louis Sénécal, a dit n'avoir jamais vécu dans le passé «un tel climat de confrontation» entre le réseau et le ministre responsable des services de garde.

«C'est certainement le pire moment qui est vécu dans l'histoire de ce ministère-là. On se retrouve vraiment avec un numéro de téléphone où on appelle et c'est une boîte vocale qui répond et personne ne retourne l'appel», a-t-il ajouté.

«Elle doit céder sa place», selon celui qui dit éprouver «de sérieux doutes sur sa capacité à livrer le mandat qui lui a été confié, un mandat extrêmement complexe», a dit M. Sénécal, qualifiant Mme Charbonneau de «la pire ministre qu'on a rencontré».

«Le courant n'a jamais passé avec Mme Charbonneau», a renchéri le président de l'Association des garderies privées (AGPQ), Samir Alahmad, qui met en cause lui aussi sa gestion «très cavalière» des dossiers et des relations qu'elle entretient avec les dirigeants des regroupements des services de garde. «Ça ne peut pas continuer comme ça», selon lui.

Malgré l'ampleur du désaveu, la ministre Charbonneau est demeurée de glace, refusant de tendre la main.

«Je travaille 'avec' les associations, je travaille pas 'pour' les associations» de garderies, a-t-elle répliqué, lors d'un bref point de presse, se disant mécontente de faire l'objet, selon elle, «d'accusations personnelles, plutôt que professionnelles».

«Vous avez compris que ça s'en vient bas!», a conclu la ministre, à propos des commentaires entendus.

Les dirigeants des regroupements de garderies étaient accompagnés en conférence de presse du député péquiste de Terrebonne, Mathieu Traversy, qui a fait le constat que le gouvernement en place avait «largement déçu les partenaires du réseau».

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