«Manque de neutralité» dénoncé au Cégep de l'Outaouais

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Le campus Gabrielle-Roy du Cégep de l'Outaouais

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Des étudiants du Cégep de l'Outaouais dénoncent le «manque de neutralité» de certains enseignants, qui feraient valoir leurs «allégeances» et «croyances politiques personnelles» en classe et dans la correction des travaux et examens.

Shawn Gibson, un étudiant en sciences humaines, a déposé une plainte en ce sens auprès de la direction du Cégep, la semaine dernière. Il affirme rapporter les doléances d'une cinquantaine d'étudiants avec qui il a discuté et qui déplorent eux aussi un manque de neutralité de certains enseignants.

« Que l'idéologie soit marxiste ou néolibérale, ce qui est dénoncé c'est le fait que des enseignants utilisent le pouvoir dont ils disposent pour imposer leur idéologie personnelle au détriment de la formation des étudiants », explique M. Gibson.

Ce dernier affirme que plusieurs étudiants « ont peur » de voir les opinions personnelles de certains enseignants se répercuter sur la correction de leurs travaux. « L'étudiant ne devrait pas avoir à vomir ce que l'enseignant veut entendre », lance Shawn Gibson.

La direction du Cégep de l'Outaouais confirme avoir reçu la plainte formulée par M. Gibson. Le porte-parole du Cégep, Simon Desjardins, souligne que « la mission éducative » de l'établissement prévoit que les étudiants doivent être appelés à « s'ouvrir sur différentes idées ». « De parler de différentes idéologies, ça fait partie des éléments d'un cours, note M. Desjardins. [...] L'enseignant peut émettre une opinion, et l'étudiant aussi. »

M. Desjardins indique que si un étudiant estime que la correction d'un travail ou d'un examen « est teintée » par une opinion personnelle d'un enseignant, « il peut y avoir un recours, une demande de révision de note », un processus qui est effectué « par d'autres personnes ». La plainte formulée par Shawn Gibson doit faire l'objet d'une rencontre entre l'étudiant et la direction des études aujourd'hui, a fait savoir M. Desjardins.

La présidente du syndicat des enseignants, Carolloe Connolly, estime pour sa part que la plainte formulée par Shawn Gibson est « prématurée », puisque la session d'hiver vient tout juste de commencer. Mme Connolly ajoute que les enseignants offrant les mêmes cours se concertent pour offrir une équivalence au niveau du contenu. « En éducation supérieure, les étudiants ont une certaine maturité et il peut y avoir un choc des idées, et on souhaite qu'il y ait une tolérance mutuelle », souligne-t-elle.

Le porte-parole de l'association étudiante, Alexandre Ouellette, s'est pour sa part abstenu de commenter la plainte de M. Gibson en particulier. Il affirme toutefois que les doléances d'étudiants au sujet des opinions personnelles de membres du corps professoral représentent un irritant « qui est récurrent chaque session ». L'association étudiante aimerait par ailleurs voir des changements dans le traitement des plaintes, et soutient que la direction offre rarement de « feedback » aux étudiants.

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